Selon une croyance populaire, les femmes auraient une plus grande aversion au risque que les hommes.
Mais est-ce vrai? À ce sujet, les opinions divergent.
« En général, les femmes ont effectivement une aversion au risque », affirme la conseillère Diane McCurdy, planificatrice financière certifiée. « Si c’est votre cas, vous devez modifier votre façon d’aborder les placements pour être en mesure de prospérer. »
Certaines recherches confirment cette thèse. Par exemple, lorsqu’elles cherchent un emploi, les femmes acceptent souvent des offres (en anglais seulement) plus rapidement que les hommes. Ce comportement contribue possiblement à creuser l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes : celles-ci négocieraient moins fermement que leurs homologues masculins – quand elles négocient – et accepteraient ainsi une rémunération globale moins avantageuse.
Vu leur faible tolérance au risque, les femmes auraient en outre moins d’appétit pour les placements. La preuve : si les femmes avaient investi au même rythme que les hommes, on estime qu’il y aurait 3 billions $ US (en anglais seulement) de plus investis dans le monde.
Diane McCurdy concède que les progrès qui ont été faits dans d’autres domaines, comme les avancées en matière d’égalité en milieu de travail, ont une incidence favorable sur la santé financière des femmes. Elle avance toutefois que la prochaine étape à franchir pour la gent féminine est d’adopter une tolérance au risque réaliste.
D’autre part, il est possible que les femmes n’aient pas une plus grande aversion au risque que les hommes, mais soient tout simplement plus « conscientes du risque » (en anglais seulement) qu’eux.
Une personne qui a « conscience du risque » réfléchit mûrement, se renseigne beaucoup et soupèse longuement les avantages et les inconvénients potentiels avant de prendre un risque.
Cette plus grande conscience du risque peut expliquer les résultats d’une étude de l’Université de Sydney (en anglais seulement) qui révèle que les investisseuses ont tendance à obtenir de meilleurs rendements que les investisseurs.
« Les femmes passent plus de temps que les hommes à évaluer leurs options et à trouver des placements qui cadrent avec leurs objectifs de vie. Elles ont tendance à effectuer moins de transactions et, lorsqu’elles le font, conservent leur calme pendant les tempêtes, alors que les investisseurs masculins s’agitent », explique l’étude.
Qu’est-ce qui explique la prudence des femmes?
Des recherches effectuées à l’Université de Bath (en anglais seulement) donnent à penser que les femmes auraient une plus grande aversion au risque parce qu’elles sont plus sensibles aux pertes qu’elles pourraient subir. L’optimisme à l’égard des résultats (moindre chez les femmes, supérieur chez les hommes) expliquerait également la prudence féminine.
« Les différences dans la prise de risques peuvent expliquer pourquoi les femmes sont moins susceptibles d’être des entrepreneuses, sont sous-représentées dans les emplois bien rémunérés et au sein des hautes directions, et sont moins susceptibles d’investir leur patrimoine dans les marchés boursiers que les hommes », explique le chercheur Chris Dawson, qui a réalisé l’étude. « Lorsqu’on pense à des choix risqués, les gens ont tendance à évaluer la probabilité de perdre quelque chose ainsi que la douleur que pourrait causer cette perte. J’ai constaté que les femmes prennent moins de risques que les hommes, car elles se concentrent davantage sur les pertes possibles, et que la perspective de réaliser des pertes les fait souffrir davantage. »
Quelle incidence une faible tolérance au risque peut-elle avoir sur les finances des femmes?
La prise de risque peut être récompensée par un potentiel de croissance élevé, alors que la prudence peut entraîner des hausses par trop modestes.
« En entrepreneuriat, il faut être capable d’envisager d’emprunter auprès d’une banque. Il est impossible d’épargner soi-même assez rapidement pour soutenir la croissance de son entreprise, explique McCurdy à titre d’exemple. Souvent, les femmes ne le font pas. »
Une faible tolérance au risque peut se traduire par une épargne conservée en espèces plutôt qu’investie dans le marché boursier, ou une préférence pour des options prudentes, mais à faible croissance, comme les obligations. Choisir de ne pas postuler à un emploi mieux rémunéré par peur d’échouer peut également être un symptôme de frilosité.
Ce qui, par ailleurs, peut expliquer en partie l’écart de pension entre les sexes. En effet, une femme ne perçoit que 83 cents pour chaque dollar de revenu de retraite que perçoit un homme, selon un rapport publié en 2024 par le Bureau de l’équité salariale de l’Ontario.
Il peut donc être judicieux d’élaborer un programme qui comprend une combinaison équilibrée d’actifs, et d’adopter des stratégies destinées à vous aider à réduire les résultats négatifs et mieux composer avec la volatilité des marchés.
Comment les femmes peuvent-elles faire croître leur patrimoine d’une manière qui leur convient?
Tout le monde gagne à faire appel à un conseiller quand il est question de patrimoine.
Un conseiller peut d’ailleurs vous aider à calculer votre tolérance au risque en fonction de différents facteurs, comme votre âge, votre situation financière et vos objectifs.
Les femmes ont également intérêt à prendre le temps de se renseigner d’elles-mêmes sur les placements, que ce soit en écoutant un balado ou en lisant un livre ou des articles sur le sujet (ce conseil vaut aussi pour les hommes).
Peu importe votre genre, vous pourriez vous sentir plus à l’aise d’investir si vous comprenez mieux votre propre tolérance au risque, le fonctionnement de diverses stratégies de placement et l’importance de ne pas mêler placements et émotions.
Songez également à répondre à notre questionnaire sur le profil d’investisseur ou d’investisseuse, qui représente un excellent point de départ pour déterminer votre tolérance au risque. Cet outil peut aussi vous aider à déterminer les placements qui vous conviennent en fonction de votre situation et de vos besoins particuliers. Si vous avez déjà un compte avec la Canada Vie, ouvrez une session en ligne pour avoir une idée de la composition actuelle de votre portefeuille.
Si vous vous situez au bas de l’échelle de la tolérance au risque, vous pourriez envisager les fonds communs de placement ou les fonds distincts. Ces options sont habituellement recommandées aux personnes qui souhaitent diversifier leur portefeuille avec un risque moindre.