Les marchés ont été confrontés à un contexte changeant en mars, les tensions mondiales et les données économiques remettant en question les hypothèses sur la croissance, l’inflation et les taux d’intérêt.
7 avril 2026
Les marchés boursiers mondiaux se sont repliés en mars. L’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient a fait monter le prix de l’énergie et la crainte que l’inflation se remette à augmenter. Les investisseurs ont fait face à plus d’incertitude et délaissé les actifs risqués. Le détroit d’Ormuz étant pratiquement fermé, le prix du pétrole a grimpé de plus de 50 %.
La Banque du Canada (BDC), la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), la Banque d’Angleterre, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont toutes maintenu leurs taux d’intérêt directeurs lors de leurs rencontres respectives de mars. Toutes ont aussi mis en garde contre une reprise possible de l’inflation au cours des prochains mois, et ajouté qu’elles analysaient soigneusement les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les prix et leurs économies intérieures.
Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a décliné en raison de la faiblesse du secteur des matériaux. Les actions états-uniennes ont chuté. Les rendements des obligations gouvernementales à 10 ans du Canada et des États-Unis ont augmenté au cours du mois parce qu’on appréhende la remontée de l’inflation, ce qui pourrait obliger les banques centrales à rehausser les taux d’intérêt cette année. Le prix de l’or a décliné en mars.
Le conflit au Moyen-Orient fait craindre une reprise de l’inflation
À la fin de février, les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran, amorçant un conflit qui s’est prolongé pendant tout le mois de mars. Les États-Unis et Israël s’opposent, entre autres, au programme d’armement nucléaire de l’Iran qu’ils veulent voir prendre fin. Depuis l’escalade des tensions au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz est pratiquement fermé. Dans cette zone, le détroit est une voie de passage critique pour l’approvisionnement mondial en pétrole. En 2024 et 2025, ce sont en moyenne de 20 à 21 millions de barils de pétrole par jour qui empruntaient le détroit, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En raison du questionnement entourant l’approvisionnement mondial en pétrole, le prix de ce dernier a bondi de même que la crainte d’une montée en puissance des pressions inflationnistes. Bien que l’AIE ait puisé dans ses réserves une quantité record de 400 millions de barils de pétrole pour les injecter sur le marché et que nombre de pays se soient engagés à stabiliser le marché de l’or noir, le prix de l’énergie a tout de même monté. Plus le conflit se prolonge, plus les marchés se soucient de l’activité économique mondiale. Au cœur même des tensions, les États-Unis et l’Iran auraient, d’après certaines informations, entrepris des pourparlers et échangé diverses propositions de cessez-le-feu, sans résultat. Au contraire, les frappes se sont intensifiées des deux côtés. Les marchés anticipent donc la possibilité que les grandes banques centrales relèvent les taux d’intérêt cette année si les pressions inflationnistes s’accentuent. L’incertitude financière et économique a redoublé en réponse à l’escalade des tensions géopolitiques.
Au Canada, le marché du travail est en difficulté
Le début de 2026 a été pénible pour le marché du travail canadien. Vers la fin de 2025, il avait semblé se stabiliser, mais en janvier et février, l’économie canadienne a perdu des emplois. On a annoncé en mars que ces pertes s’étaient chiffrées à 83 900 en février, le pire déclin depuis janvier 2022. Le secteur des emplois à temps plein s’est vu privé de 108 400 postes, tandis que celui des emplois à temps partiel en a créé. Plusieurs facteurs pourraient continuer à peser sur le marché du travail canadien. Les tensions commerciales persistantes avec les États-Unis ont ralenti l’activité économique, notamment dans plusieurs secteurs clés comme le secteur manufacturier. Simultanément, la hausse du prix de l’énergie s’est répercutée sur celui de l’essence. Si l’inflation s’exacerbe, le revenu discrétionnaire risque de s’amoindrir et les dépenses des consommateurs s’affaisser. Lors de la rencontre de mars, la BDC a maintenu à 2,25 % le taux cible du financement à un jour. La banque a mis en garde contre une possible hausse de l’inflation due au conflit au Moyen-Orient, dont elle suit attentivement le déroulement et ses conséquences sur l’économie, l’inflation et le marché du travail du Canada. On s’attend à ce que la BDC majore les taux d’intérêt cette année si l’inflation gagne du terrain en raison de la flambée du prix de l’énergie.
Aux États-Unis, l’inflation reste élevée alors que le prix du pétrole grimpe
Avant même le début du conflit au Moyen-Orient, les pressions inflationnistes étaient plutôt élevées aux États-Unis. Comme on l’a appris en mars, le taux annuel de l’inflation états-unienne a été de 2,4 % en février, soit le même qu’en janvier. La baisse du prix des voitures et des camions d’occasion a fait contrepoids à l’augmentation du prix de l’énergie. Le taux de l’inflation de base, dont sont exclus des éléments plus volatils, s’est maintenu à 2,5 %. Cette situation a précédé le conflit au Moyen-Orient, qui a fait s’envoler le prix de l’énergie. Pendant ce temps, l’indice des prix à la consommation personnelle (PCE) s’est fixé à 2,8 % d’une année sur l’autre en janvier. Le PCE est l’indicateur préféré de la Fed en matière d’inflation. En mars, les marchés ont commencé à redouter un regain de l’inflation. Quand le prix de l’énergie augmente, cela peut avoir des conséquences sur l’ensemble des prix, comme sur les coûts de fabrication et de transport pour n’en nommer que quelques-uns. Lors de sa rencontre de mars, la Fed a maintenu le taux de ses fonds fédéraux à l’intérieur d’une fourchette cible de 3,50 % à 3,75 %. La Fed a déclaré que les taux seront maintenus puisque l’inflation reste élevée et la création d’emplois relativement robuste. Cependant, la Fed a ajouté qu’elle observait attentivement le choc des tensions au Moyen-Orient sur l’économie états-unienne. Elle affirme que l’inflation risque de se relever au cours des prochains mois. Toutefois, lors d’un événement qui a eu lieu vers la fin du mois, Jerome Powell, le président de la Fed, a dit que ses prévisions en matière d’inflation à long terme n’ont pas changé, du moins pas encore. Pour leur part, les marchés ont modifié les leurs pendant le mois et envisagent désormais une hausse de taux cette année. La Fed devra établir son taux directeur en tenant compte à la fois du retour de l’inflation et du ralentissement économique.
La Chine entrevoit une croissance plus lente en 2026
En Chine, l’Assemblée nationale populaire a tenu des rencontres en mars. L’une des annonces phares ayant suivi ces réunions a été que le gouvernement cible une croissance de 4,5 % à 5,0 % du PIB en 2026. C’est un peu moins que la cible de 5,0 % de 2025, conséquence directe des tensions commerciales avec les États-Unis, de l’escalade de la crise géopolitique et de la faiblesse entêtée du secteur immobilier et de la demande intérieure. En ce qui a trait au commerce, le président des États-Unis, Donald Trump, et le président de la Chine, Xi Jinping, ont prévu un sommet pour la mi-mai. Auparavant, cependant, les deux parties ont entrepris d’enquêter sur les pratiques commerciales de leur vis-à-vis. L’an dernier, les États-Unis et la Chine ont conclu une trêve commerciale d’un an et espèrent s’entendre sur un accord plus permanent. En attendant, la Chine reste aux prises avec une demande intérieure apathique. Le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures de relance, mais la croissance n’a pas atteint la cible visée. Toutefois, les ventes au détail ont commencé l’année du bon pied, grâce en grande partie aux fêtes du Nouvel An lunaire. Selon les données publiées en mars, les ventes au détail ont prospéré en janvier et en février de 2,8 % d’une année sur l’autre, surpassant les attentes. La Chine espère que l’accélération de la demande et de la production industrielle permettra au pays de retrouver une croissance économique supérieure à la cible.
Rendements des marchés - au 31 mars 2026
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Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
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1 an
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1 an (CAD)
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|---|---|---|---|---|---|---|---|
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32 768,04
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(4,58 %)
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(4,58 %)
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3,33 %
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3,33 %
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31,51 %
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31,51 %
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Indice MSCI USA (USD) |
6 218,85
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(5,01 %)
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(2,89 %)
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(4,80 %)
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(3,31 %)
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16,32 %
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12,75 %
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2 838,61
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(10,73 %)
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(8,74 %)
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(1,87 %)
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(0,34 %)
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18,24 %
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14,61 %
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1 397,20
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(13,26 %)
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(11,31 %)
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(0,51 %)
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1,04 %
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26,86 %
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22,96 %
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2 554,12
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(10,25 %)
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(8,24 %)
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(3,36 %)
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(1,85 %)
|
16,08 %
|
12,52 %
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|
|
226,48
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(13,35 %)
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(11,41 %)
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(0,52 %)
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1,03 %
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24,40 %
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20,58 %
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Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
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1 an
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1 an (CAD)
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|---|---|---|---|---|---|---|---|
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1 202,54
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(1,97 %)
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(1,97 %)
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0,23 %
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0,23 %
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0,84 %
|
0,84 %
|
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228,37
|
(3,05 %)
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(0,88 %)
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(1,02 %)
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0,52 %
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4,76 %
|
1,55 %
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Devices |
Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
|
1 an
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1 an (CAD)
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|---|---|---|---|---|---|---|---|
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0,7186
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(1,97 %)
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-
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(1,37 %)
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-
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3,32 %
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-
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Marchandises |
Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
|
1 an
|
1 an (CAD)
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|---|---|---|---|---|---|---|---|
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101,38
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51,54 %
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-
|
76,87 %
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-
|
41,83 %
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-
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Or (USD/oz) |
4 668,06
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(11,57 %)
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-
|
8,07 %
|
-
|
49,45 %
|
-
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Argent (USD/oz) |
75,17
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(19,87 %)
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- |
4,87 %
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- |
120,53 %
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