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Les marchés mondiaux progressent, mais la hausse de l’inflation, le coût élevé de l’énergie et la prudence des consommateurs dressent un portrait plus nuancé. Que révèlent ces mouvements pour les perspectives économiques à venir?

4 juin 2026

Les marchés boursiers mondiaux ont progressé au cours du mois ayant pris fin le 31 mai. Les États-Unis et l’Iran n’ayant pu conclure un accord de paix, les deux parties ont poursuivi leurs négociations et maintenu le cessez-le-feu. Le prix du pétrole a baissé — mais il reste élevé —, ce qui exerce une pression à la hausse sur l’inflation de tous les pays du monde.

Au Canada, aux États-Unis et en Europe, l’inflation a bondi et commencé à peser sur les consommateurs et les entrepreneurs qui ont donc dépensé prudemment. À la fin de mai, on a annoncé que l’économie canadienne s’était contractée au premier trimestre de 2026, précipitant le pays en récession technique. D’ailleurs, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de nombreux pays a manqué d’éclat. Les données du second trimestre de 2026 révèlent que les économies souffrent des prix élevés, de la perte de confiance et du ralentissement de l’activité économique mondiale.

En mai, l’indice composé S&P/TSX s’est avancé jusqu’à fracasser un nouveau record. Le secteur des services de communication a affiché la meilleure performance du mois et fait contrepoids à la faiblesse du secteur de la santé. Les actions états-uniennes ont enregistré de solides gains. Les rendements des obligations gouvernementales à 10 ans du Canada ont baissé tandis que ceux des obligations du Trésor des États-Unis ont légèrement monté. Le prix de l’or a décliné.

Au Canada, le prix élevé de l’essence se répercute sur les dépenses

On a appris en mai que les ventes au détail s’étaient relevées de 0,9 % en mars, mais ces chiffres pourraient ne pas être tout à fait justes si on creuse un peu plus. L’augmentation de mars est due à la remontée des ventes de 12,4 % dans les stations-service. Cependant, ce n’est pas parce que les Canadiens ont fait davantage le plein, mais parce que le prix de l’essence a bondi avec le conflit au Moyen-Orient. Si on soustrait ces ventes, les dépenses canadiennes ont été un peu reluisantes. Les ventes au détail de base, dont sont exclues celles faites dans les stations-service et chez les concessionnaires, ont reculé de 0,1 % en mars. Sur le plan du volume, l’ensemble des ventes au détail a perdu 0,7 %. On peut en déduire que les Canadiens dépensent plus en dollars mais qu’ils achètent moins. Le taux annuel de l’inflation a grimpé à 2,8 % en avril depuis 2,4 % en mars, entraîné par le prix de l’énergie. Autre facteur s’ajoutant à l’incertitude qui plane sur l’économie du Canada, le PIB s’est contracté au rythme annuel de 0,1 % pendant le premier trimestre de 2026, à l’étonnement des économistes qui s’attendaient à une expansion appréciable. Il s’agissait de la deuxième contraction de suite pour l’économie canadienne, ce qui implique une récession technique. La croissance a été entravée par l’amoindrissement des dépenses des entreprises et de l’état, mais aussi des exportations nettes, les exportations ayant diminué durant le mois tandis que les importations augmentaient. Les dépenses des consommateurs ajustées à l’inflation semblent fléchir, signe annonciateur que le second trimestre de 2026 pourrait être encore plus faible. La hausse des prix, la croissance économique anémiée et la prudence des consommateurs et des entrepreneurs brossent le portrait d’une économie exposée à plusieurs vents debout. La Banque du Canada devra prendre une décision difficile le 10 juin, prise en étau entre la faiblesse de l’activité économique et la reprise des pressions inflationnistes.

Aux États-Unis, la confiance des consommateurs dégringole

L’indice portant sur la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan a atteint le plancher record de 44,8 en mai, pour un troisième mois de déclin de suite, car l’offre perturbée par la fermeture du détroit d’Ormuz continue de faire monter le prix de l’essence. Le coût de la vie est le premier sujet de préoccupation ; 57 % des consommateurs déclarent que les prix élevés affectent leur situation financière personnelle, les ménages à faibles revenus étant les plus malmenés. Les prévisions à long terme quant à l’inflation annoncent un sommet dans sept mois, ce qui confirme la crainte que la pression sur les prix s’étendra au-delà du prix des combustibles. De plus, le taux annuel de l’inflation états-unienne s’est accéléré à 3,8 % en avril — le pourcentage le plus haut depuis mai 2023 —, imputable surtout à la flambée du prix de l’énergie de presque 18 % d’une année sur l’autre. Cette flambée commence à forcer les consommateurs à réduire leurs dépenses. L’indice des prix à la consommation personnelle (PCE) s’est accru de 3,8 %, d’une année sur l’autre, en avril. Le rapport sur le PCE indique aussi que les dépenses personnelles ont monté d’à peine 0,1 % sur une base ajustée à l’inflation. Tant et aussi longtemps que la guerre au Moyen-Orient durera et que le prix de l’énergie ne reculera pas, l’activité des consommateurs et des entreprises pourrait rester sous pression. Le fait que la confiance des consommateurs n’a jamais été aussi basse et que les pressions inflationnistes s’accentuent invite à se montrer prudent quant à l’économie des États-Unis. Une deuxième estimation montre que cette dernière aurait grimpé de 1,6 %, sur une base annualisée, au premier trimestre de 2026, en baisse depuis l’estimation initiale de 2,0 %.

En Europe, l’activité des entreprises privées n’a pas été aussi basse depuis d’années  

Selon une estimation éclair du S&P Global, l’activité des entreprises privées européennes s’est contractée pour un deuxième mois consécutif en mai. L’indice S&P Global des directeurs d’achats de la zone euro a glissé à 47,5 en mai depuis 48,8 en avril, soit son plancher en plus de deux ans et demi. Le principal responsable en est le secteur des services, dont l’activité a chuté à son point le plus bas en 63 mois. Parallèlement, la production manufacturière s’est quelque peu améliorée, prolongeant de ce fait cinq mois consécutifs d’expansion, mais à un rythme plus lent qu’en avril. Tant en Europe qu’ailleurs dans le monde, les consommateurs semblent réduire les dépenses allouées aux voyages et aux repas au restaurant. À l’inverse, les usines produisent toujours, surtout pour accroître leur stock avant une éventuelle pénurie des fournitures. Le facteur clé expliquant le ralentissement des dépenses discrétionnaires est la recrudescence de la pression exercée sur les coûts, ceux des intrants s’amplifiant plus rapidement qu’en trois ans et demi. Cette situation relève du contexte inflationniste. En effet, en Europe, le taux de l’inflation annuelle a atteint 3,00 % en avril 2026, son point le plus haut depuis septembre 2023, à cause de l’explosion du prix de l’énergie due au fait que l’offre en provenance du Moyen-Orient est désorganisée. La hausse des prix mine le budget des ménages mais aussi la confiance des entrepreneurs de la région. La mollesse de la demande des consommateurs et des entrepreneurs pourrait continuer à peser sur l’économie européenne et à faire obstacle à une reprise robuste.   

Les Émirats arabes unis se retirent de l’OPEP+

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (OPEP+) a tenu sa première rencontre au début de mai sans les Émirats arabes unis qui s’en sont officiellement retirés le 1er mai 2026 après en avoir été membres pendant près de 60 ans. Les Émirats produisaient nettement moins que leur capacité de 4,85 millions de barils, son quota sous l’OPEP+, et sa sortie de l’Organisation lui accorde la latitude d’augmenter librement sa production à l’ouverture du détroit d’Ormuz. Lors de leur rencontre du 3 mai 2026, les autres membres ont entériné une modeste hausse de la production de 188 000 barils par jour (bpj) en juin, bien que cette décision soit largement symbolique. Les membres du Moyen-Orient seront incapables d’agir en ce sens, sauf si le détroit d’Ormuz, actuellement bloqué en raison du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, rouvrait. Dans son rapport de mai, l’Organisation a aussi abaissé sa demande mondiale en pétrole à 1,17 million bpj en réaction au conflit au Moyen-Orient. Le départ des Émirats signifie par ailleurs que le groupe réunira moins de membres pour gérer les éventuelles perturbations quant à l’offre. L’OPEP+ semble faire front commun, mais son influence sur l’offre mondiale de pétrole s’est affaiblie. Jusqu’à ce que le détroit d’Ormuz rouvre et que les Émirats précisent leur intention quant à leur future production, le prix du pétrole risque fort de rester élevé, ce qui continuera de peser sur l’inflation et les dépenses des consommateurs à travers le monde. Le prix du pétrole a baissé en mai, car on espérait alors que les États-Unis et l’Iran concluraient un accord de paix.

Rendements des marchés - au 31 mai 2026
Marchés boursiers
Niveau
Cumul mensuel
Cumul mensuel (CAD)
Cumul annuel
Cumul annuel (CAD)
1 an
1 an (CAD)
Indice composé S&P/TSX (CAD)
34 769,14
2,37 %
2,37 %
9,64 %
9,64 %
32,83 %
32,83 %

Indice MSCI USA (USD)

7 221,16
5,15 %
6,60 %
10,55 %
11,17 %
27,81  %
28,20  %
Indice MSCI EAFE (USD)
3 117,57
2,60 %
4,01 %
7,77 %
8,39 %
19,89 %
20,26  %
Indice MSCI Emerging Markets (USD)
1 752,15
9,50 %
11,00 %
24,76 %
25,47 %
51,39 %
51,86  %
Indice MSCI Europe (USD)
2 775,94
2,03 %
3,43 %
5,04%
5,63 %
17,10 %
17,46  %
Indice MSCI AC Asia Pacific (USD)
277,66
8,33 %
9,82 %
21,96 %
22,65 %
42,18  %
42,61  %
Marchés des titres à revenu fixe
Niveau
Cumul mensuel
Cumul mensuel (CAD)
Cumul annuel
Cumul annuel (CAD)
1 an
1 an (CAD)
Indice obligataire universel FTSE Canada (CAD)
1 220,45
1,36 %
1,36 %
1,72 %
1,72 %
2,99 %
2,99 %
Indice obligataire de premier rang FTSE Monde (USD)
231,82
0,38 %
1,76 %
0,48 %
1,05 %
3,88  %
4,20 %

Devices

Niveau
Cumul mensuel
Cumul mensuel (CAD)
Cumul annuel
Cumul annuel (CAD)
1 an
1 an (CAD)
CAD/USD
0,7250
(1,47 %)
-
(0,44 %)
-
(0,33 %)
-

Marchandises

Niveau
Cumul mensuel
Cumul mensuel (CAD)
Cumul annuel
Cumul annuel (CAD)
1 an
1 an (CAD)
West Texas Intermediate (USD/baril)
87,36
(16,86 %)
-
52,14 %
-
43,71  %
-

Or (USD/oz)

4 540,26
(1,68 %)
-
5,11 %
-
38,03  %
-

Argent (USD/oz)

75,30
2,10 %

-

5,07 %

-

128,29  %

-

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