Par Gestion de placements Canada Vie limitée
15 janvier 2026
Sam
Bonjour à tous et bienvenue, Je m’appelle Sam Febbraro, président et chef de la direction de Gestion de placements Canada Vie limitée, et vice-président principal, Solutions de gestion du patrimoine de la Canada Vie.
Merci de vous joindre à nous aujourd’hui pour nos Perspectives des marchés pour 2026. C’est un plaisir de commencer la nouvelle année avec vous.
En ce début d’année 2026, on constate qu’au moins trois caractéristiques façonnent le paysage des placements : la résilience économique, l’innovation technologique rapide et l’évolution des alliances mondiales.
Mais 2026 apporte aussi son lot d’incertitudes. Les récents événements géopolitiques, une croissance du PIB mondial plutôt atone et l’essor des investissements en IA ont alimenté les débats sur une possible bulle. Pour prospérer dans ce contexte, il faut adopter une nouvelle façon de penser. Et c’est exactement ce dont nous allons parler aujourd’hui lors de notre séance.
Avant de commencer, j’aimerais passer en revue quelques questions d’ordre pratique pour vous aider à tirer le maximum de l’événement. Je vous encourage à poser vos questions tout au long de la séance. Nous aurons une période de questions et réponses vers la fin de la rencontre, mais vous verrez à l’écran les instructions pour vous connecter à Slido.N’hésitez pas à soumettre vos questions et à voter pour celles des autres. N’hésitez pas à soumettre vos questions et à voter pour celles des autres. Cela nous aidera à établir les priorités en fonction de ce qui vous importe le plus. Et nous ferons tous de notre mieux pour répondre au plus grand nombre de questions possible durant la période de questions à la fin de la séance.
Pour les conseillers qui se joignent à nous en direct, sachez que les certificats d’unités de formation continue seront envoyés au cours des prochaines semaines à ceux qui auront assisté à toute la séance. Pour les conseillers du Québec, un questionnaire de formation continue apparaîtra à l’écran à la fin de la séance.
Passons maintenant aux éléments de discussion d’aujourd’hui. On commence l’année 2026 avec des marchés qui continuent d’évoluer, passant de signaux économiques résilients à une accélération de l’innovation et à des réalignements mondiaux. Il y a beaucoup de matière à analyser et encore plus à prendre en compte pour bien se positionner pour l’année devant nous.
Que vous cherchiez à gérer les risques, à identifier de nouvelles occasions de croissance ou simplement à affiner votre perspective, les analyses d’aujourd’hui vous aideront à rester informés et agiles.
J’ai le plaisir d’être accompagné de trois experts de l’industrie, des conférenciers chevronnés qui apportent une expertise approfondie et des points de vue uniques à la conversation d’aujourd’hui.
D’abord, accueillons Leonie MacCann, qui est chef des solutions de placement pour les clients chez Keyridge Asset Management, anciennement de Irish Life Investment Management.
Ensuite, on a Jack Manley, directeur général exécutif et stratège des marchés mondiaux chez JP Morgan Asset Management.
Et enfin, nous avons avec nous Corrado Tiralongo, chef des placements chez Gestion de placements Canada Vie. Bonjour à vous trois et merci de votre présence aujourd’hui.
Très bien, entrons dans le vif du sujet. En 2025, un petit groupe d’entreprises et de thèmes a généré une part importante des rendements des marchés. La question est donc : vous attendez‑vous à ce que cette concentration se poursuive en 2026? Jack, on va commencer avec vous. Quel est votre point de vue sur ce point?
Jack
Oui, c’est une question qui revient souvent dans les conversations que j’ai avec les clients. Mais je crois que c’est intéressant en fait de prendre du recul ici et d’évaluer cet énoncé à partir du début. Sous certains aspects, nous sommes effectivement dans un marché très concentré, et ce qui s’est passé en 2025 reflète une expérience très concentrée.
Sous d’autres aspects, ça a été en fait une expérience très diversifiée. Quand on regarde ce qui s’est passé au cours des 15 dernières années, on constate une période marquée par un exceptionnel surrendement du marché boursier américain. Pendant longtemps, c’était pratiquement la seule chose qui fonctionnait dans les portefeuilles.
L’an dernier a changé cette dynamique. Les actions ont progressé, mais les obligations aussi. Le marché américain a affiché des gains, mais la plupart des autres marchés mondiaux ont fait encore mieux que les États‑Unis. Le TSX, par exemple, a surpassé le S&P 500 avec l’écart le plus important depuis 2009. Le seul grand marché boursier mondial à avoir été devancé par les États‑Unis était l’Inde.
L’année dernière a donc été, pour un investisseur mondial, une année plutôt diversifiée sur le plan du rendement – ce qui était assez inhabituel. Mais lorsque l’on commence à examiner chaque pays ou région individuellement, c’est là que l’on voit apparaître une réelle concentration. Si l’on regarde le marché boursier européen, par exemple, ce sont les entreprises du secteur aérospatial et de la défense qui ont surtout fait progresser les cours. Du côté du marché canadien, les sociétés aurifères représentent environ 75 % du secteur des matériaux qui, avec le secteur financier, expliquait les deux tiers de la performance du marché l’an dernier.
Si l’on observe ce qui s’est passé aux États‑Unis, ce sont bien sûr les Sept magnifiques qui dominent depuis longtemps, issus des technologies, et plus largement de l’IA. Je trouve donc intéressant de souligner que, même si ce n’est pas vraiment un paradoxe, on reçoit en quelque sorte des messages contradictoires quant au fonctionnement du marché en 2025. D’un côté, une forte concentration. De l’autre, une diversification plus marquée que ce que nous avions vu depuis très, très longtemps.
Pour répondre maintenant à votre vraie question, Sam : est‑ce que je pense que cette dynamique va se poursuivre en 2026? À mon avis, oui. Je pense que tous les éléments que je viens de mentionner ont du souffle, de la durabilité, et le potentiel de se prolonger cette année. Mais je crois qu’ils se manifesteront de façon plus atténuée qu’en 2025.
Le premier point que je soulignerais – et c’est un peu controversé, ce n’est pas quelque chose qu’on entend beaucoup dans la gestion de placements, ni même souvent chez JP Morgan – c’est que je ne crois pas que l’exceptionnalisme boursier américain soit mort. Je pense qu’il est encore très vivant. Et même si la surperformance des marchés hors États‑Unis avait beaucoup de sens l’an dernier pour plusieurs raisons, il ne faut pas y voir le début d’un changement de paradigme.
Je crois que ces marchés étrangers peuvent désormais rivaliser comme ils n’en avaient plus eu la capacité depuis longtemps. Ainsi, je m’attends en 2026 à une performance meilleure que la normale en Europe, au Canada, au Japon, ou dans certains marchés émergents. Mais je ne pense pas que nous assisterons à une autre année où les États‑Unis seront à la traîne.
Et lorsque l’on regarde le marché boursier américain, l’IA constitue un thème si dominant – presque monolithique – non seulement dans les actions américaines, mais aussi dans l’économie américaine en général. Il sera donc extrêmement difficile d’imaginer une rotation complète des sociétés qui dominent le marché au cours de l’année.
Cela dit, nous avançons dans la bonne direction. On peut débattre de la pertinence du concept des Sept magnifiques en 2026. Il ne serait pas surprenant que ce terme disparaisse, comme FAANG l’a fait, pour laisser place à un nouvel acronyme ou à un nouveau groupe de « gagnants » cette année. En 2023, les Sept magnifiques comptaient pour plus de 60 % du rendement du S&P 500. En 2024, ils expliquent un peu plus de 50 % du rendement total du S&P 500. Et en 2025, c’était un peu moins de 50 %. Nous allons dans la bonne direction.
Ainsi, même si l’IA demeure, selon moi, la principale force motrice des actions américaines et que la concentration reste élevée, elle l’est toutefois moins que l’an dernier ou les années précédentes.
Sam
Oui, très bien dit, Jack. Évidemment, on observe certaines de ces différences régionales.
Comme Jack l’a dit, on voit des résultats atténués, tout en comprenant qu’on avance dans la bonne direction. Corrado, qu’observez‑vous en ce qui concerne les évaluations boursières?
Corrado
Merci, Sam.
Je suis d’accord avec ce que Jack a dit concernant la concentration des marchés et la performance. Nous avons quelques graphiques à présenter pour illustrer ses propos.
Ici, la concentration n’est pas seulement un concept : elle est mesurable. Le graphique montre un niveau de concentration du nombre de titres qui n’avait pas été observé depuis les années 1960. En soi, ce n’est pas problématique. Le nombre de titres participant aux marchés varie naturellement au fil du temps. Cependant, la baisse de la diversification met en lumière une certaine fragilité des marchés.
Comme Jack l’a souligné, le graphique suivant montre que sept titres ont généré la moitié du rendement des actions américaines, voire plus.
Cela résulte des avantages économiques de l’IA. Les gains sont réels, mais les primes de valorisation deviennent élevées.
Les évaluations sont élevées et la prime de risque des actions est faible, sans pour autant atteindre des seuils extrêmes. Les segments les plus directement liés à l’IA intègrent aux cours des bénéfices solides, mais aussi les attentes voulant que ces bénéfices se poursuivront en ligne droite. Selon nous, cela crée une forme de fragilité.
Sous la surface, les bénéfices demeurent bons, mais l’écart entre les meneurs et le reste du marché s’est accentué. Cela m’indique deux choses pour 2026. Premièrement, les données fondamentales relatives à l’IA restent intactes et nous en sommes encore aux premières étapes.
Les bénéfices économiques sont réels. Mais deuxièmement, les primes de valorisation se sont élargies au point où même de petites déceptions pourraient entraîner des réactions marquées du marché.
Dans le graphique suivant, nous observons l’écart de valorisation entre les Sept magnifiques et le reste du marché.
Les actions américaines se négocient à prime par rapport à celles du reste du monde. Or une grande partie de cette prime provient de ces sept titres. C’est là un point important. Il existe des occasions, car la diffusion de l’IA dans l’ensemble du marché américain génère des retombées – notamment une croissance des bénéfices, qui se trouve élargie au reste du marché. Ce sont des facteurs positifs. Mais il faut aussi reconnaître les aspects négatifs, notamment la concentration du marché et la dépendance à un seul thème.
À l’échelle mondiale, comme l’illustre le graphique suivant, le même thème se poursuit : les actions américaines surperforment, et cet exceptionnalisme a rendu les marchés américains nettement plus coûteux que le reste du monde, à juste titre.
Cela crée à la fois des occasions et des enjeux pour la constitution de portefeuille. Il faut être conscient des zones où les valorisations demeurent raisonnables. Toutefois, rappelons‑le : la valorisation en soi n’est pas un indicateur fiable du bon moment pour agir sur les marchés.
Sam
Excellent, merci, Corrado. On veut maintenant entendre aussi Leonie, qui nous parle de l’autre côté de l’Atlantique. Corrado, vous avez parlé du fait qu’il existe une forte concentration au niveau global : on voit un groupe de sept titres qui génèrent à eux seuls la moitié du rendement, et vous venez de nous présenter les ratios cours‑bénéfice régionaux des divers marchés.
Leonie, de votre point de vue, cette concentration va‑t‑elle se poursuivre? Et voyez-vous d’autres risques ou occasions à mettre en évidence pour 2026?
Leonie
Oui, Sam. Corrado et Jack ont clairement démontré qu’il existe une véritable concentration sur les marchés. Il n’y a vraiment aucun argument pour dire le contraire. Ils ont bien mis en évidence l’importante contribution des Sept magnifiques au rendement du S&P 500.
Mais si l’on élargit l’analyse aux 10 principaux titres de l’indice – donc les Sept magnifiques, auxquels s’ajoutent Tesla, Berkshire Hathaway et JP Morgan – on constate qu’au cours de la dernière année ils représentaient environ un tiers de la croissance des revenus de l’indice et près des deux tiers de la croissance des dépenses en capital.
Non seulement ce sont eux qui génèrent et alimentent la majeure partie des rendements, mais ce sont aussi eux qui produisent la majorité de la croissance. La concentration se manifeste sur ces deux plans.
Est‑ce que je pense que la concentration va se poursuivre? Oui, je suis d’accord avec vous, Jack. Je pense que la concentration va se poursuivre, mais dans une moindre mesure. Le thème de l’IA va selon moi continuer de s’élargir. On va assister à une adoption plus généralisée de l’IA, et on commence déjà à en voir les signes. Et à mesure que les gains de productivité se concrétiseront, d’autres industries et secteurs en profiteront également.
Je crois aussi que les investisseurs deviendront beaucoup plus sélectifs lorsqu’ils évalueront l’IA et les dépenses d’investissement qui y sont consacrées. Ils voudront déterminer qui seront les gagnants et les perdants, et je pense que cela se reflétera davantage dans le marché.
D’ailleurs, on en voit déjà les premiers signes, n’est‑ce pas? Si l’on regarde Oracle et Palantir, on constate qu’elles ont été lourdement sanctionnées récemment, le marché estimant qu’elles exagèrent leurs dépenses d’investissement ou remettant en question leur rentabilité.
Meta a aussi été pénalisée lors de la publication de ses plus récents résultats, alors qu’Alphabet a été récompensée puisqu’elle démontrait une meilleure rentabilité.
On observe donc une forme de discernement plus sain s’installer sur le marché. Et si l’on regarde les meilleurs rendements du S&P 500 l’an dernier, ils ne provenaient pas des Sept magnifiques, mais plutôt de Sandisk, Western Digital et Micron, qui les ont largement surpassés.
Le meilleur titre parmi les Sept magnifiques l’an dernier était Alphabet, avec un rendement de 66 %. Sandisk a affiché 567 %, et Micron 248 %. On reste donc dans un thème dominé par l’IA – il est toujours bel et bien présent – mais on commence à voir un élargissement, alors qu’auparavant tout tournait autour de ces sept titres.
Vous avez demandé à Sam quel est le grand risque actuellement? Eh bien, je crois que la question que tout le monde se pose est la suivante : sommes‑nous dans une bulle ou non? La première chose à rappeler, c’est qu’on ne sait réellement si l’on est dans une bulle que lorsqu’elle éclate, car il n’existe aucun moyen clair de le déterminer au préalable. Alan Greenspan disait d’ailleurs que les bulles ne sont perceptibles qu’après coup. Et malheureusement, c’est vrai.
Mais en tant qu’investisseurs et en tant que responsables de la répartition de l’actif, il est important de tenter d’évaluer si nous observons des conditions propres à une bulle sur les marchés. Réfléchissons‑y un instant.
Il y a bel et bien une surconcentration sur le marché, notamment autour du thème de l’IA. Y a-t-il de l’euphorie ou de l’enthousiasme quant à l’industrie ou la catégorie d’actif potentiellement au centre d’une bulle? On peut dire que oui : l’optimisme relatif à l’IA est très marqué. On observe aussi ces dynamiques de revenus circulaires ou d’ententes circulaires – des comportements qui peuvent faire penser à des signaux avant‑coureurs de bulle – en plus d’un discours très optimiste.
D’un autre côté, comme vous l’avez mentionné, Corrado, même si les valorisations sont élevées, elles ne se situent pas aux niveaux observés lors de la bulle technologique. Par exemple, le secteur technologique américain se négocie actuellement autour de 28 fois les bénéfices prévisionnels, comparativement à un sommet d’environ 59 fois au plus fort de la bulle techno. Si l’on regarde le ratio cours/bénéfices prévisionnels de Nvidia, il tourne aujourd’hui autour de 25. Au sommet de la bulle des années 2000, Cisco se négociait à 85 et Oracle à 90. On n’en est donc pas là.
Par ailleurs, lorsqu’on compare l’IA aux révolutions technologiques précédentes, on s’attend à un impact nettement plus marqué sur la productivité et une contribution plus importante à la croissance.
Donc, que nous soyons ou non dans une bulle – comme je l’ai dit, nous ne le saurons que si elle éclate – il existe de nombreuses raisons de croire que la thématique de l’IA pourrait encore bien progresser cette année, à mesure que son adoption s’accélère, que le thème se diffuse davantage et que de nouveaux cas d’usage émergent.
Mais je pense que nous verrons davantage de gagnants et de perdants, et que le marché deviendra plus sélectif. Compte tenu de l’ampleur des dépenses de capital en cours, les investisseurs voudront voir les premiers résultats se concrétiser et constater un véritable rendement sur ces capitaux déployés.
Quant aux principaux risques pouvant provoquer l’éclatement de cette soi‑disant bulle, je dirais qu’il s’agit notamment de la possibilité d’un choc exogène venant ébranler la confiance et l’engouement liés à l’IA – que ce soit un événement de type DeepSeek ou une poussée d’inflation qui viendrait faire éclater la bulle. C’est un risque qui se présente.
Qu’est-ce que tout ça veut dire? Que pouvez-vous faire? Je repense toujours à la célèbre citation de Peter Lynch selon laquelle on a perdu plus d’argent en restant sur la touche dans l’attente d’un repli qu’on en a réellement perdu lors du repli lui‑même. Si l’on remonte à la bulle technologique, c’est en 1997 que les économistes ont commencé à la signaler. Si vous étiez sorti du marché à ce moment‑là, vous auriez manqué des rendements d’environ 30 à 40 %. Je crois donc que l’essentiel est de rester dans le marché, tout en adoptant une approche plus disciplinée et mieux diversifiée afin de limiter les risques potentiels. Il existe de nombreuses occasions, mais il faut rester conscient des risques.
Sam
Oui, Leonie, ce sont d’excellents conseils et un très bon rappel, je crois, pour tous ceux qui assistent au webinaire aujourd’hui.
Nous avons parlé un peu des petites capitalisations et des thèmes qui ont contribué de façon importante aux rendements boursiers. Je pense que c’est un bon moment pour se tourner vers les facteurs mondiaux. Je trouve qu’il y a une certaine cohérence dans les points soulevés par tous nos invités aujourd’hui.
J’aimerais donc me pencher sur l’année 2025, une année marquée par ce que je qualifierais de perturbations géopolitiques et commerciales importantes, notamment des chocs tarifaires et des tensions persistantes. Leonie, vous avez évoqué certains des chocs susceptibles d’influencer la concentration actuelle et les zones où l’on pourrait constater des bulles, le cas échéant.
Mais j’aimerais maintenant regarder vers l’avant : quelle est votre perspective sur ces facteurs et sur la façon dont ils pourraient influencer les marchés? Ce sont des éléments, qui pourraient selon moi nous éclairer. Et Leonie, commençons avec vous, puisque vous avez essentiellement une perspective internationale, puis nous passerons à l’Amérique du Nord avec Jack et Corrado.
Leonie
D’abord, Sam, je ne pense pas que vous soyez le seul à décrire les événements de l’an dernier comme des chocs importants : l’année a été à la fois remarquable et marquante.
Mais lorsque je considère le contexte géopolitique, j’ai l’impression qu’on est entrés dans une nouvelle ère géopolitique où l’autosuffisance et la résilience prennent une place de plus en plus importante dans les priorités des décideurs, alors que la gestion des risques tend à primer sur l’efficience. Au fond, les décideurs doivent composer avec un risque bien réel : les alliés d’aujourd’hui pourraient devenir les adversaires de demain.
Ce que l’on observe, c’est donc un changement d’orientation où l’autosuffisance et la résilience deviennent des éléments centraux. Bien sûr, cela génère une certaine incertitude politique, mais ouvre également la voie à de nouvelles occasions.
Que signifie donc cette nouvelle ère d’autosuffisance pour les marchés? Eh bien, je pense qu’à l’échelle mondiale, on voit de plus en plus les marchés tenter d’intégrer ce changement structurel dans la façon dont le capital est alloué. On observe un intérêt accru – et davantage d’investissements – dans des secteurs jugés essentiels, comme la technologie, la défense et l’énergie. À mon avis, ce virage structurel est largement alimenté par la rivalité stratégique que l’on voit se renforcer entre les États‑Unis et la Chine pour la domination mondiale. Et certains thèmes commencent déjà à émerger.
Il y a trois thèmes clés que j’aimerais souligner et que l’on voit déjà se dessiner. Le premier, c’est la défense. Les pays européens ont annoncé un réarmement, et l’Allemagne, à elle seule, a dévoilé un programme de dépenses de 800 milliards consacré à la défense. Ce phénomène ne se limite pas à l’Europe. On l’observe aussi aux États‑Unis, qui ont annoncé une hausse des dépenses de défense. C’est une dynamique mondiale : le Canada et d’autres pays suivent également cette tendance. Et, comme l’a mentionné Jack, en Europe, une grande partie des rendements s’est concentrée dans le secteur de la défense. Ce secteur a d’ailleurs été l’un des plus performants en Europe grâce à cette réorientation.
Le deuxième thème, c’est l’or. L’or vient de connaître une année record, sa meilleure performance annuelle en près de 30 ans. Il a grimpé d’environ 60 %.
En grande partie, cette hausse a été alimentée par une vague d’achats des banques centrales, qui cherchent à diversifier leurs réserves et à réduire leur dépendance au dollar américain. L’or est perçu comme un actif liquide, non exposé au dollar ni aux sanctions.
Le troisième thème, c’est le nucléaire. Avec l’accélération de la course à la domination en matière d’IA, on observe un besoin croissant d’énergie fiable et évolutive. Cela ravive l’intérêt pour l’énergie nucléaire. Et nous voyons déjà des actions concrètes de la part des gouvernements et des géants de l’IA.
Par exemple, Google a annoncé l’an dernier une collaboration avec Kairos Energy pour déployer plusieurs projets nucléaires avancés aux États‑Unis. Les gouvernements américain, chinois et d’autres pays cherchent également à accroître leur capacité nucléaire dans ce contexte.
Dans cette nouvelle ère, il est clair que l’on verra émerger davantage de gagnants et de perdants, alors que de nouveaux thèmes continueront d’apparaître.
Comment les entreprises et les investisseurs peuvent‑ils évoluer dans cet environnement? Je pense que l’adaptabilité et la capacité d’anticipation seront essentielles. La mondialisation va bien sûr se poursuivre sous certaines formes, mais on verra aussi émerger de nouvelles alliances autour de secteurs stratégiques comme l’énergie, les technologies et la défense. En fin de compte, ceux qui réussiront le mieux dans ce nouveau contexte géopolitique seront ceux qui sauront trouver le juste équilibre entre la sécurité nationale et une collaboration internationale ciblée.
Sam
Leonie, merci, c’était très éclairant. Jack, je vais maintenant me tourner vers vous.
Vous allez nous ramener un peu plus près de chez nous, en abordant l’impact sur les marchés nord‑américains. Leonie a mentionné certains thèmes clés – notamment la défense, l’or et le nucléaire. Le nucléaire représente une stratégie énergétique à la fois fiable et évolutive, mais laisse aussi place à la formation de nouvelles alliances, malgré un contexte où la mondialisation est présente.
Jack, quelle est votre lecture de l’impact sur l’Amérique du Nord?
Jack
D’abord, je crois que Leonie a très bien présenté certains des grands thèmes macroéconomiques mondiaux. Et je pense qu’ils sont tout aussi pertinents pour les perspectives nord‑américaines et pour les clients nord‑américains qu’ils le sont pour d’autres régions où ces dynamiques se manifestent plus directement. Je ne vais donc pas vraiment ajouter quoi que ce soit à ce qu’elle a dit ou tenter d’y donner un autre angle. Je préfère plutôt prendre un peu de recul et souligner ceci : tous les éléments évoqués par Leonie découlent, directement ou indirectement, de vastes changements de politique qui émanent de Washington. Nous sommes en quelque sorte en train d’entrer dans un nouvel ordre mondial. Beaucoup de choses sont complètement bouleversées en raison des orientations de l’administration américaine actuelle.
Et lorsque je discute plus largement des changements de politiques – et de cette administration – avec des clients, j’aime toujours leur rappeler que, pour le meilleur ou pour le pire, qu’on aime Trump ou non, il s’agit d’un mandat de quatre ans… et il en reste trois.
Pensez à tout ce qui s’est passé au cours des 12 derniers mois seulement. Il reste encore beaucoup de marge en matière de changements de politique. On va continuer d’entendre parler de questions comme le commerce et les droits de douane. D’ailleurs, l’ACEUM arrive à échéance pour renégociation dans quelques mois à peine. Ce sera un sujet majeur qui touchera à la fois les États‑Unis et, bien sûr, le Canada.
Mais plus largement, les droits de douane peuvent avoir un effet légèrement inflationniste, particulièrement aux États‑Unis, et dans une certaine mesure au Canada également.
On va continuer d’entendre parler des politiques d’immigration. On a vu récemment beaucoup de manchettes à ce sujet – certaines assez préoccupantes – mais, de façon générale, les vastes changements apportés à la politique d’immigration aux États‑Unis ont conduit à une forte contraction de l’offre de main‑d’œuvre.
Si l’on regarde le rapport sur l’emploi américain publié la semaine dernière, on obtient un très bon aperçu de la manière dont l’économie des États‑Unis réagit à ces changements marqués dans la politique d’immigration.
La demande de main‑d’œuvre a fortement diminué, car la situation est extrêmement confuse en ce moment. Il est très difficile pour les entreprises de prendre de grandes décisions d’investissement à long terme, ce qui inclut l’embauche. Mais l’offre de main‑d’œuvre est encore plus restreinte. Le pays manque de travailleurs. Et, par conséquent, la moyenne mobile sur trois mois des créations d’emplois aux États‑Unis a tendance à glisser en territoire négatif. Pourtant, le taux de chômage y a reculé : il est maintenant sous les 4,5 %.
Cette combinaison d’une inflation plus élevée que prévu et d’un marché du travail plus tendu qu’anticipé – en grande partie en raison des changements de politiques dont nous parlons depuis un an – aura inévitablement une incidence sur la politique de la Fed, notamment sur l’évolution des taux d’intérêt au cours de l’année.
Mais au‑delà des éléments dont nous avons déjà parlé, il y a d’autres points qui méritent d’être soulignés. Nous savons que cette administration s’est fait élire avec un programme prévoyant d’importants changements réglementaires, dont une grande partie reste encore à venir, en particulier dans le secteur des services financiers. J’imagine que nous en verrons davantage cette année.
Nous avons aussi eu ce grand projet de loi adopté en juillet dernier : une réforme majeure du code fiscal américain, tant pour les ménages que pour les entreprises.
Un point très intéressant, qui ne reçoit pas autant d’attention qu’il le devrait : toutes ces modifications – du moins celles touchant les ménages – sont rétroactives au début de l’année dernière. Or le Internal Revenue Service n’a mis à jour ses directives sur les retenues à la source qu’au début de cette année.
Résultat : à mesure que les Américains commencent à produire leurs déclarations de revenus, ils peuvent s’attendre à une saison de remboursements exceptionnelle, l’une des plus importantes depuis des décennies, équivalant probablement au double de ce qu’on a vu au cours des 20 dernières années, en moyenne. C’est de l’argent qui se retrouve directement dans leurs poches et qui sera ensuite dépensé. En effet, les Américains dépensent beaucoup : c’est probablement l’une des choses qu’ils font le mieux. C’est donc un vent arrière sur le plan des politiques publiques.
Nous avons les élections de mi‑mandat plus tard cette année, où l’on s’attend à ce que les républicains perdent leur avantage, du moins à la Chambre des représentants. La majorité républicaine est très mince dans les deux chambres du Congrès et à la Maison‑Blanche, et cela pourrait bien changer en novembre. Cela signifie que certains changements de politique pourraient être accélérés cette année, sachant que la composition du gouvernement pourrait être différente par la suite.
Bref, les enjeux dont nous parlions l’an dernier vont certainement persister. Ils continueront d’alimenter les manchettes. Mais beaucoup d’autres choses s’en viennent. Et lorsque je pense aux perspectives pour 2026 – que ce soit aux États‑Unis ou, franchement, au Canada – ce seront des économies, des marchés et des manchettes largement façonnés par les politiques publiques. Qu’il s’agisse de politiques budgétaire, monétaire, d’immigration ou autre... les politiques seront vraiment l’élément central déterminant, du moins en ce qui concerne la performance relative de ces pays.
Sam
Jack, vous avez abordé la question des politiques publiques, et j’aimerais qu’on reste sur ce sujet un instant. Je vais donc poursuivre avec vous.
On entend beaucoup parler de Jerome Powell dans l’actualité, et pour plusieurs raisons. Je crois que c’est le bon moment pour se tourner vers la politique monétaire. Les banques centrales ont commencé à réduire les taux en 2025. La question est maintenant de savoir comment la politique monétaire pourrait évoluer en 2026. Jack, j’aimerais connaître votre point de vue, puis Corrado, je vous demanderais de commencer à réfléchir aux implications possibles pour la composition de portefeuille. Jack.
Jack
La première chose qui mérite d’être soulignée ici, c’est que même si les attaques visant le président Powell – notamment la menace d’inculpation dont il a fait l’objet en fin de semaine – ne sont pas particulièrement positives pour la crédibilité ou l’indépendance de la Fed, il n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire de rendre la banque centrale politiquement dépendante, malgré ce que laissent entendre certaines manchettes.
Il est important de rappeler d’abord que la politique monétaire des États‑Unis est déterminée par un comité : le comité fédéral de l’open market. Le président de ce comité est généralement le président de la Réserve fédérale. Powell occupe les deux postes. Pour qu’un changement de politique monétaire soit adopté, il faut que sept des 12 membres du comité de l’open market votent en sa faveur.
Historiquement, les membres du comité ont tendance à suivre les orientations du président de la Fed : lorsqu’il propose quelque chose, le reste du comité appuie généralement sa position, mais ils n’y sont pas contraints.
Il est possible que Powell quitte ses fonctions plus tôt que prévu en raison des démarches juridiques de la fin de semaine. Je ne crois pas que ce sera le cas, mais quoi qu’il arrive, son mandat se terminera en mai de cette année. Il y aura donc un nouveau responsable en poste.
Cela ne signifie toutefois pas que la trajectoire de la politique monétaire va changer du jour au lendemain. On n’a pas remplacé suffisamment de membres du comité de l’open market pour permettre à l’administration d’orienter la politique monétaire dans un sens qui lui serait favorable. Je pense donc que ces turbulences entourant Powell – et les manchettes qu’elles génèrent – se traduiront surtout par de la confusion dans le message, plutôt que par un véritable changement dans l’évolution des taux.
Selon moi, cela signifie que les indications fournies par la Fed en décembre dernier dans son plus récent graphe à points demeurent assez justes. Elle prévoyait une baisse de taux cette année et une autre l’an prochain. De notre côté, nous anticipons plutôt deux baisses cette année, soit environ 50 points de base de moins pour le taux des fonds fédéraux. Cela nous rapprocherait davantage de ce que Macklem et la Banque du Canada ont fait au cours des dernières années, avec un assouplissement monétaire amorcé plus tôt et de façon plus énergique.
Mais la grande question, aussi bien pour l’administration que pour les consommateurs, concerne l’évolution des autres taux sur l’ensemble de la courbe. Car si les banques empruntent auprès de la Réserve fédérale, ce n’est pas le cas du reste de l’économie. Et lorsque l’on regarde les taux qui touchent directement les consommateurs – comme les taux des prêts automobiles, les taux d’intérêt des cartes de crédit ou encore les taux hypothécaires...
Un point particulièrement intéressant à souligner, selon moi, est le suivant : lorsque la Fed a commencé à réduire les taux en septembre 2024 et jusqu’à la fin de l’année, le taux des fonds fédéraux a baissé de 175 points de base. Or, les taux des prêts automobiles ont reculé de moins de la moitié de cette baisse. Les taux des cartes de crédit ont diminué de moins d’un quart. Et les taux hypothécaires fixes sur 30 ans, eux, n’ont pratiquement pas bougé durant cette période.
Les consommateurs ne ressentent donc pas vraiment les effets d’un environnement de taux plus accommodant du côté des échéances les plus courtes. Les banques, oui... leurs marges d’intérêt sont considérables, mais les ménages ne voient pas encore cet assouplissement.
La grande question, cette année, dépasse donc ce que fera la Fed. C’est plutôt : y aura‑t‑il une baisse? Deux baisses? Je ne suis pas certain – et franchement, je ne crois pas que cela change vraiment la donne. Ce qui compte, c’est ce qui se passe sur le reste de la courbe. Va‑t‑on commencer à y voir une pression à la baisse?
Honnêtement, de mon point de vue, à moins que le Trésor américain intervienne directement – et c’est une possibilité dont on entend parler de plus en plus – en réduisant l’émission de titres à long terme sur le segment long de la courbe, ce qui restreindrait l’offre, ferait monter la demande et, par conséquent, ferait baisser les prix… ou plutôt, ferait baisser les rendements en soutenant la demande... J’ai beaucoup de mal à imaginer que les taux hypothécaires de 30 ans reculent de façon significative cette année, ou que les taux annuels des cartes de crédit diminuent de manière notable au cours des prochains mois.
On se dirige donc vers un redressement de la courbe des taux aux États‑Unis, avec des rendements longs qui demeureraient relativement bien ancrés, même si la Fed continue d’abaisser ses taux au moins durant la première moitié de l’année.
Sam
Oui, très bien dit, Jack. Et évidemment, on aimerait tous avoir une boule de cristal pour comprendre ce qui nous attend. Mais au bout du compte, tout cela a des répercussions sur les portefeuilles que nous gérons. Corrado, quelles sont selon vous les implications possibles pour la construction de portefeuille, et qu’observez‑vous de votre côté?
Corrado
Si l’on se tourne vers les taux directeurs à l’échelle mondiale, je dirais que l’incidence de la politique monétaire sur la construction de portefeuille peut se résumer en trois volets. Premièrement, nous pensons que nous évoluons vers un environnement où les taux d’intérêt vont continuer de baisser, mais de façon graduelle. L’inflation s’est atténuée, mais elle n’a pas encore retrouvé sa cible dans de nombreux marchés. Et les pressions salariales demeurent assez soutenues dans diverses régions, ce qui limite la possibilité d’un assouplissement plus marqué.
Deuxièmement, ce cycle d’assouplissement plus prudent, aux taux inférieurs, a un effet sur l’exposition aux styles boursiers. Des taux plus faibles continuent de soutenir les segments de titres de qualité et de croissance. Mais, compte tenu de l’étroitesse du leadership boursier dont nous parlions plus tôt, cela renforce l’importance de la diversification, tant entre les régions qu’entre les facteurs.
Troisièmement, les actifs axés sur le revenu commencent à paraître plus attrayants en termes relatifs. Les titres de créance et les placements en infrastructures offrent des flux de trésorerie stables. Et les obligations à long terme procurent désormais un meilleur équilibre qu’il y a quelques années, même si leurs rendements seront influencés à court terme par les événements budgétaires et politiques.
En résumé, il faut s’attendre à un assouplissement qui se stabilise progressivement.
Le rôle de stabilisateur des titres à revenu fixe, lié à la baisse des taux, sera nettement plus modéré. On devrait donc considérer désormais les rendements obligataires davantage comme une source stable de flux de trésorerie.
Sam
Leonie, j’aimerais vous revenir pour parler un peu des stratégies de génération de revenu.
Un grand nombre de personnes participant à cette conférence travaillent avec des clients – dont certains sont d’ailleurs présents – qui pensent sans doute à leur futur revenu de retraite et à leurs stratégies de génération de revenu. Jack a parlé des autres types de taux, notamment ceux qui touchent directement les consommateurs.
Corrado a évoqué certaines trajectoires possibles des taux directeurs à l’échelle mondiale. Ce sont donc des éléments dont nous devrions commencer à tenir compte dans l’élaboration de stratégies de génération de revenu. Je vous cède la parole, Leonie.
Leonie
Et peut‑être juste ajouter un élément à ce que vous disiez, Jack, concernant ces autres taux visant les consommateurs, notamment les taux hypothécaires, qui, dans de nombreux pays, sont déterminés par les taux à plus longue échéance. Vous mentionniez que cela dépendrait en grande partie du Trésor et d’une éventuelle intervention, mais on voit déjà l’administration Trump tenter de contourner ce mécanisme. Trump a demandé à Fannie Mae et Freddie Mac d’acheter des titres adossés à des prêts hypothécaires, ce qui est pour le moins intéressant, car c’est un rôle traditionnellement réservé à la Fed. Il est aussi question de savoir les situations où les investisseurs institutionnels pourraient acheter des maisons unifamiliales.
Il y a donc des mouvements en périphérie qui seront intéressants à suivre au cours de l’année.
Mais pardon, Sam, pour revenir à votre question sur les stratégies génératrices de revenus... Je pense que la principale difficulté pour les investisseurs, lorsqu’il s’agit de revenu, consiste à générer un niveau de revenu suffisant à partir des actifs traditionnels.
Depuis la crise financière mondiale, nous avons connu une longue période de taux bas, liée à l’assouplissement quantitatif, à une inflation faible et à des taux directeurs très bas.
Il suffit de remonter à 2019 : on comptait alors 17 billions de dollars d’obligations à rendement négatif, soit environ 30 % du marché obligataire public.
Heureusement, aujourd’hui, on n’a plus d’obligations à taux de rendement négatif. Depuis l’après‑COVID et le choc inflationniste qui a entraîné un cycle soutenu de hausses de taux, on est revenu à ce qui est considéré comme un environnement de taux plus normal. Et, comme vous l’avez dit, Corrado, les titres à revenu fixe recommencent à offrir du revenu.
Cela dit, on n’est pas encore revenu aux niveaux observés historiquement. La situation est bien meilleure qu’elle ne l’était, mais on reste sous les moyennes à long terme.
À l’échelle mondiale, près de 90 % de l’univers mondial des titres à revenu fixe négociés sur les marchés publics affiche actuellement un rendement égal ou inférieur à 5 %.
Si l’on prend le cas du Canada, le rendement des obligations de 10 ans se situe autour de 3,4 %. Or, leur rendement moyen au cours des 35 dernières années était plutôt d’environ 4,5 %.
Si l’on regarde maintenant les rendements en dividendes, les actions des marchés développés mondiaux offrent environ 1,5 %, le S&P 500 autour de 1,1 %, et les actions canadiennes environ 2,5 %, ce qui est légèrement plus élevé. Dans ces conditions, il est difficile pour ces catégories d’actif de générer un niveau de revenu suffisant.
C’est pourquoi, au fil du temps, les investisseurs ont eu tendance à monter dans l’échelle du risque, en se tournant vers des segments plus risqués, comme les obligations à rendement élevé, pour compléter leur revenu. Ça peut très bien fonctionner dans un portefeuille diversifié, mais il faut être pleinement conscient des risques.
On observe donc aujourd’hui une évolution des stratégies de génération de revenu accessibles aux investisseurs. Et ces investisseurs combinent des sources de revenus traditionnelles avec des sources non traditionnelles dans leur portefeuille.
Cela peut inclure, par exemple, des stratégies de vente d’options d’achat ou encore des placements hors des marchés publics, comme les titres de créance privés ou les infrastructures privées, qui permettent d’obtenir des niveaux de revenu attrayants tout en gérant différemment le risque et les contraintes de liquidité... pour autant que l’on soit en mesure d’assumer un certain degré d’illiquidité de façon disciplinée et structurée.
Vous êtes en sourdine, Sam.
Sam
Merci beaucoup, Leonie. Je me raclais simplement la gorge.
J’aimerais rappeler à tous les participants que nous avons un rapport sur les perspectives de marché. Si cela vous intéresse, vous pouvez en parler à vos directeurs généraux régionaux des ventes, qui pourront vous fournir ce rapport.
Pour ceux d’entre vous qui sont des investisseurs ou faites partie du public investisseur, vous pouvez communiquer avec votre conseiller en sécurité financière pour obtenir ce document.
Maintenant, j’aimerais revenir un peu sur le rôle que les taux ont joué et continueront de jouer dans l’élaboration de certaines stratégies. Je voudrais justement parler de ces stratégies. Un autre domaine qui gagne en importance est celui des placements alternatifs. Les placements alternatifs ont pris de l’ampleur, les investisseurs cherchant à diversifier leurs avoirs ou à atteindre certains résultats précis dans un contexte marqué par la volatilité.
Jack, je me tourne vers vous : pourriez-vous parler un peu de la croissance de la demande pour les solutions de placement alternatives et de ce que vous entrevoyez pour cette catégorie d’actif?
Jack
Absolument, Sam. C’est un sujet qui revient extrêmement souvent dans les conversations en ce moment. Et comme je le mentionnais à certaines personnes avant le début de la conférence, je me trouve actuellement à la grande rencontre annuelle de formation de JP Morgan, en Floride. Il y a énormément d’attention portée aux placements alternatifs en tant qu’axe stratégique pour 2026. L’engouement est tel que cela transforme littéralement l’industrie.
Et je dirais qu’il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les placements alternatifs sont particulièrement pertinents aujourd’hui. L’une des plus évidentes, c’est qu’il devient de plus en plus difficile d’être un investisseur exclusivement tourné vers les marchés publics.
L’un des commentaires que j’entends le plus souvent des clients lorsque nous parlons de leurs attentes en matière de rendement, c’est qu’ils ont l’impression d’être dans une situation délicate, car leurs propres clients ont été « gâtés ». C’est vraiment le cas. Quand on pense que le S&P 500 a généré un rendement total d’environ 18 % l’an dernier, 25 % à 26 % l’année précédente, et encore 26 % à 27 % l’année d’avant – beaucoup de gens ont fini par croire qu’ils étaient des génies, tant les marchés semblaient offrir des rendements faciles. Et à un moment donné, compte tenu des valorisations actuelles, il faut s’attendre à des rendements plus modérés. Il ne s’agit pas nécessairement de viser seulement 2 % ou 3 %, mais est‑ce qu’on peut vraiment continuer à voir un taux annualisé de 25 % aussi loin qu’on puisse l’imaginer? Non. Il devient de plus en plus difficile de générer de l’alpha, et les investisseurs s’inquiètent de ce qui pourrait se produire si le pendule se déplace dans l’autre direction.
Un autre défi auquel nous faisons face, et Leonie l’a très bien résumé, c’est qu’il est plus difficile aujourd’hui de trouver du revenu. Pour la première fois depuis un certain temps, comme vous le disiez Corrado, il y a à nouveau du revenu dans les titres à revenu fixe, mais ce n’est rien par rapport à ce qu’on observait il y a 30, 40 ou 50 ans. Et la réalité, c’est que la majeure partie du rendement provenant des obligations de premier ordre proviendra essentiellement du coupon au moment de l’achat, à condition que vous conserviez ces titres jusqu’à l’échéance. Le revenu est donc difficile à obtenir, qu’il s’agisse d’actions ou d’obligations. Et puis, il y a la question des corrélations.
C’est aussi une situation assez complexe à gérer. Les actions et les obligations sont censées évoluer dans des directions opposées. C’est d’ailleurs tout le principe d’un portefeuille 60‑40 : les 40 % doivent compenser lorsque les 60 % vacillent. C’est votre police d’assurance, votre contrepoids – appelez cela comme vous voulez – mais ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé au cours des cinq ou six dernières années.
Et peut‑être que je simplifie un peu, mais en réalité, les actions et les obligations ont évolué dans le même sens en 2020, en 2022, en 2023, en 2024 et en 2025. Il n’y avait donc pas beaucoup d’endroits où se mettre à l’abri sur les marchés publics.
Ainsi, quand nous discutons à l’interne de la façon d’expliquer à nos clients pourquoi investir dans les actifs alternatifs, lesquels privilégier et à quel moment, quelqu’un – je ne sais plus qui – a proposé un moyen mnémotechnique à la fois simple et efficace. Lorsque vous faites face à des défis en matière de construction de portefeuille, les placements alternatifs peuvent venir à votre aide.
C’est AID en anglais : A‑I‑D : A pour alpha, le I pour income (revenu) et le D pour diversification.
Certains placements alternatifs, voire l’ensemble d’entre eux, peuvent répondre à une partie ou à la totalité de ces enjeux. Et si l’on ajoute à cela que l’environnement est particulièrement favorable aux actifs alternatifs, qu’il y a eu d’importants progrès technologiques qui les rendent plus liquides, abaissent les seuils d’investissement et, en quelque sorte, démocratisent l’accès à cette catégorie d’actif en élargissant l’univers investissable pour un plus grand nombre d’investisseurs à l’échelle mondiale, leur attrait devient encore plus évident.
Il faut également tenir compte des changements majeurs de politique survenus aux États‑Unis. Par exemple, les régimes à cotisations déterminées peuvent désormais inclure des placements alternatifs – ou, du moins, ne sont plus découragés de le faire. Cela ouvre un tout nouveau champ de possibilités.
Les placements alternatifs, en tant que concept, prennent de plus en plus d’importance, et le moment est particulièrement bien choisi pour aborder ce sujet. Alors, lorsque je pense aux placements alternatifs, je commence généralement par leur dimension conceptuelle. Et c’est ainsi, Sam, que nous envisageons aujourd’hui le paysage des placements alternatifs.
Sam
Oui, j’aime beaucoup la façon dont vous avez présenté les choses en utilisant l’acronyme AID – alpha, income (revenu) et diversification. J’aimerais maintenant me tourner vers Leonie. Parlez-nous un peu de la manière dont vous utilisez les solutions alternatives, comme les stratégies sur dérivés et les actifs réels, afin de générer des résultats précis au sein de vos portefeuilles.
Leonie
Je pense que, lorsqu’on réfléchit à la construction d’un portefeuille, on fait toujours face au même défi : trouver l’équilibre entre rendement, revenu et risque. L’importance accordée à l’un ou l’autre dépendra des objectifs propres à chaque client, ce qui peut varier d’un portefeuille à l’autre.
Mais il y aura inévitablement des périodes où la composante revenu ou rendement sera mise à l’épreuve par un contexte de marché défavorable Comment naviguer dans ces périodes? La clé, c’est la diversification.
Quand je pense à la construction d’un portefeuille multiactifs, je suis convaincue que les actifs traditionnels jouent toujours un rôle central. On a encore besoin des actions pour la croissance à long terme : elles demeurent le meilleur moteur de croissance sur de longues périodes. C’est un fait : il faut accepter un certain niveau de risque pour obtenir de la croissance.
Les titres à revenu fixe traditionnels ont aussi leur place, notamment pour le revenu qu’ils procurent et les caractéristiques de diversification qu’ils ajoutent au portefeuille. Mais ces actifs ne fonctionnent pas dans tous les contextes. Et, pour revenir à votre point, Jack, concernant les corrélations : oui, dans un monde idéal, la corrélation négative joue parfaitement son rôle, mais il existe des contextes où ce n’est pas le cas.
Pensez à 2022 : les actions étaient en baisse, les titres à revenu fixe étaient en baisse. Qu’est-ce qui était en hausse? Les placements alternatifs. La diversification sera donc cruciale pour naviguer dans ces environnements.
Et ce que nous faisons, c’est intégrer de plus en plus à la fois les catégories d’actif traditionnelles utilisées dans les portefeuilles multiactifs ou équilibrés et des stratégies alternatives. Nous sommes de fervents adeptes de la diversification. Ceux qui me connaissent en ont probablement assez de m’entendre me répéter là-dessus, mais nous croyons réellement à une diversification approfondie, car elle joue un rôle important.
Nous avons toujours eu une exposition aux placements alternatifs, mais nous cherchons de plus en plus à intégrer certaines stratégies à base de produits dérivés, qui permettent d’obtenir une exposition relativement économique aux primes de rendement des placements alternatifs, ainsi qu’aux marchés privés et aux actifs réels. Pour ce qui est des titres de créance privés... ils ont beaucoup fait parler d’eux cette année, mais nous estimons que plusieurs de leurs risques sont exagérés et qu’ils sont très idiosyncrasiques, liés à des fonds précis ou à des événements de fraude spécifiques. Cela souligne toutefois l’importance de bien comprendre ce dans quoi on investit et quel segment du marché on vise.
Nous apprécions également les infrastructures privées. Lorsque nos portefeuilles peuvent supporter une certaine illiquidité – et vous avez raison, Jack, on voit beaucoup d’innovation pour rendre ces actifs plus accessibles sous une forme liquide – nous cherchons à les intégrer. Et lorsque les besoins en revenu sont plus importants, certaines stratégies dérivées et l’utilisation d’options peuvent être des outils particulièrement efficaces.
Sam
Leonie, merci, c’était très intéressant. Vous nous avez donné trois autres mots clés très puissants – rendement, revenu et risque – le tout dans un contexte de diversification. Corrado, je me tourne vers vous pour la dernière question officielle. Nous passerons à la période de questions dans un instant, mais comment les placements alternatifs s’intègrent‑ils concrètement à votre approche d’allocation d’actifs?
Corrado
Merci, Sam. Pour faire suite à ce que Jack et Leonie ont très bien expliqué, notre objectif quand on utilise des placements alternatifs, c’est vraiment de bâtir des portefeuilles plus résilients, surtout dans les contextes où les actions et les titres à revenu fixe traditionnels à gestion passive tendent à devenir beaucoup plus corrélés en période de stress.
En récapitulant les points qui ont été soulevés, le premier, c’est la diversification... Nous utilisons des stratégies alternatives pour contribuer à réduire la volatilité globale, parce que certains actifs – qu’il s’agisse d’immobilier, d’infrastructures ou de stratégies alternatives particulières – n’évoluent pas comme les actions ou les obligations.
Le deuxième, c’est l’accroissement du rendement. Leonie a mentionné les titres de créance privés. Ils continuent d’offrir des rendements attrayants, mais il faut être sélectif et rigoureux dans l’allocation.
Le troisième, c’est la gestion du risque. Comme Leonie l’a souligné, des outils comme les produits dérivés, les contrats à terme gérés et d’autres stratégies alternatives défensives nous aident à orienter le comportement du portefeuille en période d’incertitude.
Mais pour nous, l’essentiel est de procéder à l’allocation de façon réfléchie. Nous n’ajoutons pas des placements alternatifs pour la complexité. Nous les intégrons comme un outil précis au sein de la composition globale d’actifs.
Sam
Merci, très juste, Corrado. J’aime beaucoup la façon dont vous avez résumé : c’est une allocation réfléchie. Et je pense que c’est un élément vraiment important pour les gens qui nous écoutent aujourd’hui.
Je vais maintenant passer à la période de questions de notre conférence téléphonique.
Je tiens à remercier Corrado, Leonie et Jack pour ce que je qualifierais d’analyses extrêmement pertinentes aujourd’hui. Nous avons couvert de nombreux sujets, de la concentration des marchés aux dynamiques géopolitiques, en passant par la politique monétaire, les placements alternatifs et la manière de les intégrer dans un portefeuille du point de vue de l’allocation d’actifs, particulièrement à l’approche de 2026.
Ces perspectives illustrent bien l’importance de rester agile et de penser de manière stratégique dans un marché qui évolue rapidement. À la Canada Vie, je peux dire sans hésiter que c’est exactement ce que nous cherchons à soutenir grâce à des solutions comme nos portefeuilles gérés en fonction du risque, nos stratégies de revenu amélioré d’actions, notre gamme croissante de FNB, et notre volonté d’aider les investisseurs à composer avec la volatilité, saisir les occasions de revenu et maintenir une bonne diversification – des éléments que Leonie a d’ailleurs soulignés dans ses commentaires sur les stratégies axées sur le revenu.
Mais je veux maintenant passer la parole à notre auditoire. Vous pouvez continuer de soumettre vos questions dans Slido, comme je vous l’ai indiqué au début de la conférence. Je vous encourage également à voter pour celles que vous souhaitez prioriser. Nous ferons de notre mieux pour répondre au plus grand nombre possible de questions au cours des 15 à 20 prochaines minutes.
Je vais jeter un coup d’œil rapide pour voir ce qui a été soumis. Comme vous le voyez sur le côté droit de votre écran, un compteur affiche le nombre de votes. Je vais lire la question la plus populaire :
« Beaucoup de gens demandent si l’enthousiasme quant à l’IA est devenu une bulle. Selon les données que vous suivez, pensez-vous que nous sommes en territoire de bulle? Quels indicateurs surveillez-vous en ce début d’année 2026? »
Leonie, vous avez mentionné que nous savons qu’il s’agit d’une bulle seulement une fois que la bulle éclate, mais peut-être pourriez-vous nous en dire un peu plus, et j’inviterai ensuite Corrado et Jack à intervenir
Leonie
Oui, je pense que c’est la question que tout le monde se pose en ce moment. On voit énormément de commentaires à ce sujet. Et, honnêtement, je trouve plutôt positif que tant de gens se demandent déjà si nous sommes dans une bulle : cela suggère que l’euphorie n’est pas aux niveaux observés lors des bulles précédentes.
Donc, à mon avis, c’est un premier signe encourageant. Pour ce qui est des signaux à surveiller, j’aime bien – et beaucoup en parlent – l’approche des quatre S d’une bulle : surévaluation, surpropriété, surinvestissement et surendettement. La surévaluation : comme nous l’avons déjà mentionné dans ce webinaire, les évaluations sont élevées.
Elles ne sont toutefois pas aussi extrêmes qu’au moment de la bulle techno. Et cette fois-ci, elles reposent davantage sur des bénéfices réels, et non sur des bénéfices inexistants et des projections bénéficiaires très théoriques comme à l’époque. Les évaluations restent élevées, mais j’ajouterais qu’elles le sont dans l’ensemble du marché américain, pas seulement dans un secteur, ce qui est un point important, même si ce n’est pas nécessairement rassurant.
La surpropriété : c’est la question des flux qui se dirigent vers « la nouvelle chose à la mode » ou le secteur au centre d’une possible bulle. On en voit effectivement des signes : la concentration est élevée et les ménages britanniques, par exemple, détiennent aujourd’hui une part très importante de leur patrimoine investie en actions après les gains boursiers récents. Aux États‑Unis, les ménages détiennent un niveau record d’environ 52 % de leur richesse en actions – c’est plus que le sommet de 2000 et que ce qu’on observe en Europe ou au Japon. Cela dit, les États‑Unis ont aussi une longue tradition d’investissement plus prononcé, notamment avec les 401(k). C’est donc un indicateur à suivre.
Le surinvestissement : on constate effectivement des montants considérables de dépenses en capital liées au thème de l’IA à l’heure actuelle. Cela dit, ces dépenses sont largement financées par les flux de trésorerie, et elles correspondent à ce que l’on peut attendre compte tenu du coût énorme de l’IA, mais aussi des gains de productivité potentiels qu’elle peut générer. Encore une fois, un point à surveiller.
Le surendettement : c’est un domaine où, pour le moment, nous ne voyons pas de signes alarmants. Comme je l’ai dit, beaucoup de ces dépenses en capital ont jusqu’à maintenant été financées par les flux de trésorerie. Oui, certaines entreprises de centres de données à très grande échelle deviennent des emprunteurs nets et commencent à utiliser davantage les marchés du crédit, mais le niveau global d’endettement dans le secteur est bien inférieur à ce qu’on a connu pendant d’autres épisodes spéculatifs. Les bilans des ménages et des sociétés sont robustes. En vérité, une grande partie du levier aujourd’hui se trouve dans la dette des administrations publiques à l’échelle mondiale, pas dans le secteur de l’IA.
Ce sont donc les éléments que je surveillerais. Mais alors, que faire? À mon avis, il faut rester sur les marchés, tout en renforçant la diversification. Nous en avons tous parlé aujourd’hui : il existe différentes façons de diversifier et de construire – comme Corrado l’a dit – un portefeuille plus résilient. Il y a plus à perdre en essayant de sortir du marché et de tenter de prédire l’éclatement d’une bulle, exercice presque impossible, qu’en restant exposé à ce qui demeure un moteur de croissance très puissant, tout en diversifiant le portefeuille pour en renforcer la résilience.
Sam
Leonie, c’est très utile d’utiliser le préfixe « sur » et d’enchaîner ensuite avec chaque point que tu veux illustrer – cela aide vraiment à comprendre et à se repérer dans tout cela.
Je veux maintenant passer à Corrado, car nous recevons énormément de très bonnes questions. Jack, je vais vous garder pour la prochaine.
Corrado, voici une question : si vous aviez un million de dollars à investir aujourd’hui pour les 10 prochaines années, est‑ce que vous l’investiriez en une seule fois ou progressivement sur une certaine période?
Corrado
Je pense que cela dépend vraiment des préférences de l’investisseur. Et parle‑t‑on d’un placement entièrement en actions, ou d’une stratégie équilibrée? Nous avons souvent tendance à ressentir du regret lorsqu’on fait un choix et que le résultat n’est pas exactement ce qu’on espérait. Ce que je dis souvent aux gens qui sont incertains et qui veulent éviter ce sentiment, c’est de se donner une règle claire. J’investirais donc ce million de dollars dans une répartition d’actifs appropriée sur une période déterminée.
Ce serait par exemple de diviser le million en 12 parts et mettre en place un prélèvement automatique mensuel pour les 12 prochains mois.
Cela réduit le risque de regret et évite d’essayer de déterminer le meilleur moment pour investir. On le sait, tenter de synchroniser le marché est extrêmement difficile.
Ce serait ma recommandation.
Sam
Merci, Corrado, c’est très instructif. Il y a toujours une discipline sous‑jacente – et nous en avons tous parlé un peu au cours de la dernière heure. C’est cette discipline qui consiste à avoir, par exemple, une politique de placement avec des lignes directrices et une structure, ce qui relève aussi des préférences de chacun au fil du temps.
Jack, je veux passer à la prochaine question, parce qu’elle touche davantage à votre domaine au quotidien. Elle porte sur l’actuel président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell. Son départ à la retraite est prévu pour le milieu de l’année 2026, et il sera probablement remplacé par quelqu’un de plus aligné avec l’administration actuelle. Quelle incidence cela pourrait‑il avoir sur la dynamique de l’inflation et sur les marchés des capitaux, Jack?
Jack
Tout d’abord, en aparté, Leonie : j’ai du mal à imaginer une réponse plus complète et plus structurée à la question sur une éventuelle bulle de l’IA. Je vais me rappeler les quatre S. C’était vraiment remarquable.
Pour ce qui est de la question sur Jerome Powell et l’évolution possible de la politique monétaire cette année – et des effets que cela pourrait avoir sur certains indicateurs majeurs comme l’inflation ou les marchés financiers – j’ai mentionné plus tôt que la composition du comité de l’open market empêchera, selon moi, tout changement majeur de la politique monétaire, même si le successeur de Powell devait être davantage aligné sur l’administration actuelle.
Il faut également rappeler, dans le cadre de cette discussion, que la Réserve fédérale a été créée par une loi du Congrès, ce qui signifie qu’elle ne peut être dissoute ou modifiée que par une autre loi du Congrès.
Et si les républicains au Congrès ont réussi à faire adopter des changements de politique importants, surtout sur le plan budgétaire, c’est parce que le processus de réconciliation budgétaire ne requiert pas une supermajorité – seulement une majorité simple de sénateurs pour éviter l’obstruction systématique. Ce n’est pas le cas pour toute modification éventuelle touchant la Réserve fédérale. Il faudrait 60 voix pour modifier la composition de la Réserve fédérale. Et j’imagine très mal une majorité de républicains voter pour changer le fonctionnement de la Réserve fédérale – et encore moins les démocrates.
Donc, selon moi, l’indépendance de la Fed demeure essentiellement garantie, malgré les critiques adressées à l’institution et les attaques personnelles contre Jerome Powell.
Cela dit, concernant l’impact potentiel sur les marchés financiers, il est clair que les manchettes que nous avons vues en fin de semaine ajoutent de l’incertitude dans l’équation – et les marchés détestent l’incertitude. Il y a donc toujours un peu de turbulence, un peu de volatilité.
Mais l’élément le plus pertinent ici, pour répondre à la question, c’est que même si la politique monétaire est décidée par un comité – et qu’il faut 7 votes sur 12 pour modifier la politique – et même si la trajectoire de la politique monétaire ne changera probablement pas à cause de cela, le président du comité de l’open market reste le visage de l’institution.
Lorsqu’il s’agit des conférences de presse, des témoignages devant le Congrès, des allocutions à Jackson Hole ou d’autres événements de ce type, c’est toujours Powell qui mène la charge. Les autres gouverneurs ou présidents de banques régionales peuvent avoir leurs moments de visibilité, mais Powell est le visage de la Réserve fédérale et de la politique monétaire aux États-Unis.
L’une des choses que la Réserve fédérale a réalisées au cours des 15 à 20 dernières années, c’est de faire en sorte que les indications prospectives deviennent un outil peut-être plus puissant que les variations des taux elles‑mêmes.
Par exemple, parmi les baisses de taux du cycle d’assouplissement actuel, aucune n’a été une surprise. Elles avaient toutes été annoncées des mois, voire des trimestres, à l’avance. Tout le monde savait qu’elles arrivaient. Au moment où elles se produisaient, ce n’était plus qu’une formalité. Et cela tient en grande partie au front commun que la Fed, par l’entremise de Jerome Powell, présente aux marchés.
Maintenant, imaginons un scénario : en mai, Powell prend sa retraite et une nouvelle personne, peu importe qui, lui succède, quelqu’un de plus proche du programme de l’administration actuelle. Cette personne assiste à sa première réunion, et le comité décide de ne pas baisser les taux, parce que l’inflation demeure un peu plus élevée que souhaité, que le marché du travail reste tendu et que la croissance demeure raisonnable. Il n’y a donc pas de raison, selon la majorité, de réduire les taux.
Puis, le président s’avance devant la presse et déclare « Le comité de l’open market a voté aujourd’hui pour ne pas réduire les taux, mais je pense que ces gens-là n’y comprennent rien : l’économie se dirige droit vers le mur, nous aurions dû couper 50 ou 75 points de base, tout est en train de s’effondrer. » Ce type de message contradictoire – comme des parents qui se disputent devant les enfants – est la dernière chose dont les marchés ont besoin à un moment où tant d’incertitude plane déjà.
Donc, même si je ne pense pas que la trajectoire de la politique monétaire changera vraiment, la façon dont les décisions sont communiquées pourrait, elle, changer profondément. Et perdre ce front uni pourrait devenir une source de volatilité sur les marchés des capitaux dans la seconde moitié de l’année. C’est donc un risque potentiel à surveiller dans les perspectives pour les marchés boursiers.
Sam
Merci beaucoup, Jack. Nous allons poursuivre. Il nous reste environ neuf minutes pour la période de questions. Comme vous le voyez, nous utilisons un système de popularité où vous pouvez voter. N’hésitez pas à voter ou à ajouter votre propre question sur l’écran Slido.
Leonie, je vous reviens. La question porte sur les discussions entourant une possible récession, et il semble que certains aient des définitions légèrement différentes de ce qu’est une récession. Il existe une définition très précise que vous pourriez peut‑être nous rappeler. Mais surtout, quelles sont vos réflexions à ce sujet?
L’auditeur précise qu’il croit qu’il y aura peut-être une récession au Canada, mais qu’il doute fortement que les États‑Unis entreront en récession. Qu’en pensez-vous?
Leonie
Oui, donc je crois que la définition officielle d’une récession, c’est deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB, n’est‑ce pas? C’est la définition formelle.
Mais il y a aussi ce que les gens ressentent au quotidien, la manière dont leur vie est touchée. Donc, il y a la définition officielle… et il y a ce qu’on pourrait appeler une « récession de perception » ou une « récession ressentie », qui circule aussi.
Quand je pense à nos perspectives pour 2026, je dirais que je suis prudemment optimiste. À mon avis, la croissance mondiale devrait demeurer résiliente, menée cette année par les États‑Unis. Je pense donc que nous sommes bien positionnés pour une poursuite de la progression des marchés boursiers – peut‑être pas aussi forte que ce que nous avons connu, compte tenu des valorisations élevées – mais je crois qu’on verra encore une croissance résiliente cette année.
Pourquoi est‑ce que je pense ça? Parce qu’il existe de nombreuses forces structurelles fondamentales qui soutiennent la croissance. Par exemple, la croissance des bénéfices est somme tout robuste. Les bénéfices des sociétés continuent de s’accélérer à l’échelle mondiale. On s’attend à une croissance des bénéfices d’environ 15 % cette année et l’an prochain au niveau mondial, et légèrement plus élevé aux États‑Unis, autour de 16 % cette année. L’investissement des entreprises demeure solide et les bilans des ménages sont en bonne santé.
Donc, quand on examine l’économie américaine actuellement, on constate qu’elle se porte bien. À cela s’ajoutent les politiques budgétaire et monétaire, qui devraient maintenir l’élan pour le reste de l’année. Et Jack, vous avez très bien expliqué l’ampleur de la politique budgétaire, notamment en raison des mesures du Big Beautiful Bill qui seront mises en œuvre. On estime que cela pourrait ajouter environ 100 milliards de dollars en revenu disponible pour les ménages américains.
En plus, l’administration américaine discute de l’envoi d’un chèque de 2 000 $ aux particuliers pour compenser l’impact des droits de douane. Il reste à voir si cela se concrétisera.
Donc, sauf accident majeur, je pense que l’économie américaine devrait bien se comporter cette année, mais il y a des risques. Quel pourrait être cet « accident »? L’éclatement d’une bulle de l’IA, une hausse des mises à pied, ou encore une remontée marquée de l’inflation. En effet, les mesures de relance budgétaire peuvent être inflationnistes. Même si une inflation plus élevée n’est pas mon scénario de base, ce risque demeure en arrière‑plan. Et tous les éléments positifs que je viens de mentionner disparaîtraient si l’inflation repartait nettement à la hausse – tout serait remis en question. Ce n’est donc pas mon scénario principal, mais c’est un risque à garder en tête. D’où ma position prudemment optimiste.
Maintenant, une nuance importante : ce que je décris concerne surtout 2026. Il est beaucoup plus difficile d’avoir une vision claire à plus long terme, mais c’est essentiel d’essayer. En tant que personnes intéressées par l’allocation de l’actif, il faut être conscient des occasions et des risques à court terme, tout en portant attention aux moteurs à plus long terme et à la manière de se positionner en fonction de ceux‑ci.
Je pense qu’il existe des risques qui commencent à peser sur l’exceptionnalisme américain. Je crois toujours que les États‑Unis vont continuer de croître, mais certains facteurs émergents pourraient créer des vents contraires relatifs pour cet exceptionnalisme.
Quels sont ces risques? Eh bien, on voit de plus en plus de politiques isolationnistes de la part de l’administration américaine. L’incertitude entourant le commerce mondial, combinée à une volonté accrue d’autosuffisance – ce nouvel environnement géopolitique dont j’ai parlé – peut exercer une pression sur le commerce international et va probablement le faire. Il existe aussi, à moyen et long terme, la possibilité que la Chine et d’autres régions rattrapent leur retard dans la course à l’IA.
Donc, sur un horizon de cinq ans et plus, nous commençons à réfléchir à ce que pourrait être la bonne répartition régionale : non pas retirer ou réduire massivement l’exposition aux États‑Unis, mais peut‑être l’atténuer légèrement.
Ainsi, non, je ne pense pas qu’il y aura une récession au cours de la prochaine année.
Mais je crois qu’il faut trouver le juste équilibre entre les occasions à court terme et la prise en compte des risques potentiels qui se profilent.
Sam
Oui, Leonie, vous avez bien défini le contexte. Il nous reste quelques minutes. Je vais passer à une dernière question, et nous allons essayer une approche légèrement différente. Je vous pose la question, et vous aurez la possibilité de répondre par oui ou par non, chacun votre tour.
Jack, je commence avec vous. Pensez‑vous que les actions américaines de l’indice S&P 500 ont atteint leur plein potentiel? Oui ou non?
Jack
Très clairement, non.
Sam
D’accord, et une question de suivi. Corrado, Leonie, je viens à vous ensuite. Verra‑t‑on des rendements plus élevés au Canada ou dans les marchés émergents au cours des prochaines années, voire des prochaines décennies? Oui ou non?
Corrado
Difficile de se projeter sur plusieurs décennies, mais je pense que les actions canadiennes afficheront un rendement inférieur à celui des États‑Unis.
Sam
Très bien, et Leonie, vous avez droit aux deux questions. Les autres ont répondu : oui puis non. Première question : les actions américaines, l’indice S&P 500, ont‑elles atteint leur plein potentiel?
Leonie
Oui… non – pardon, non à la première question, et oui à la deuxième. J’ai failli me tromper.
Petite précision : je pense qu’il reste encore du chemin à faire pour les actions américaines, mais compte tenu de certains risques, le surrendement des États‑Unis par rapport au reste du monde ne sera probablement pas aussi marqué que par le passé. On devrait donc voir un certain rattrapage. Je crois que les États‑Unis demeureront en tête, du moins... surtout à court terme. Donc c’est plutôt un non et un oui. J’ai remis le tout dans le bon ordre.
Sam
Un non et un oui, d’accord. Vous avez donc répondu la même chose. Vous avez tous trois répondu très rapidement.
Je vais essayer de glisser une dernière question. On est vraiment dans les dernières minutes. L’un de vous trois pourra répondre.
Dans quelle mesure le secteur canadien des ressources naturelles sera‑t‑il touché par les changements de politique aux États‑Unis? Qui veut se lancer?
Corrado
Puis‑je répondre? Est‑ce que la question porte sur le remplacement des sables bitumineux canadiens par le pétrole vénézuélien?
D’accord, je vais répondre. Ça pourrait être une longue réponse, mais je vais résumer. Nous avons deux minutes. Je pense que les rumeurs sur le déclin des sables bitumineux canadiens sont grandement exagérées.
Selon moi, il faut distinguer entre le pétrole du Venezuela comme substitut et un véritable produit de remplacement dans les faits. Il y a trois contraintes. Oui, il s’agit d’un substitut : les deux produits sont des pétroles lourds et des substituts assez proches pour de nombreuses raffineries américaines.
Cependant, trois contraintes réduisent le risque réel de remplacement. D’abord, le calendrier et l’exécution. Des années de négligence au Venezuela font en sorte que des investissements colossaux sont nécessaires.
Rystad, une firme norvégienne de conseil en énergie, estime qu’il faudrait entre 150 et 250 milliards de dollars d’investissements sur 15 ans pour faire passer la production de 1 million de barils à 3 millions.
Le Canada dispose déjà d’un pipeline alimentant le Midwest, et ces infrastructures ne sont pas conçues pour une substitution rapide.
Quant aux raffineries de la côte du Golfe, elles fonctionnent actuellement à 90 % de leur capacité. Il faudrait donc construire.
Le dernier élément est la compétitivité. Les coûts d’extraction au Venezuela sont estimés entre 65 $ et 85 $ le baril. Avec un prix du WTI autour de 60 $ – et des prévisions à la baisse cette année – ce n’est pas un investissement intéressant pour les sociétés pétrolières qui évaluent où déployer leur capital à court terme, compte tenu des plans opérationnels et des prix actuels du pétrole.
Sam
Bon, il ne nous reste que quelques secondes. Je vais simplement laisser Jack ou Leonie ajouter quelque chose – quelques secondes chacun. Jack, quelque chose à ajouter?
Jack
Au‑delà de la question énergétique, que Corrado a d’ailleurs très bien couverte, le secteur du bois d’œuvre demeure complexe, surtout compte tenu des mesures de l’administration en faveur de la construction résidentielle ainsi que de la fabrication de meubles et d’armoires.
Un élément intéressant auquel je pense toujours à propos du Canada, c’est la quantité d’uranium que vous produisez, et l’importance de cet uranium pour les centrales nucléaires – un élément clé de l’approvisionnement énergétique nécessaire à la croissance de l’IA. C’est peut‑être un atout non négligeable, même si d’autres enjeux persistent au cours de l’année.
Sam
Ok, merci, Leonie, vous avez le mot de la fin : quelque chose à ajouter?
Leonie
Je n’ai malheureusement pas grand‑chose à ajouter. Le Canada dispose évidemment d’immenses ressources naturelles et d’une capacité énergétique considérable, et il cherche à établir de nouvelles relations stratégiques, à s’intégrer dans ces alliances axées sur la résilience nationale et une collaboration sélective.
On voit déjà le Canada se tourner vers d’autres partenaires et chercher à se diversifier au‑delà des États‑Unis. Et c’est intéressant : compte tenu des problèmes au Venezuela et du fait que cela coupe naturellement l’accès de la Chine au pétrole vénézuélien, on a observé une forte hausse des demandes de renseignements provenant de la Chine à l’égard de fournisseurs canadiens.
Donc, si l’on pense à l’approvisionnement énergétique mondial, il y a clairement des occasions pour le Canada.
Sam
Très bien, une bonne façon de conclure la conversation. On va arrêter ici. Je tiens à respecter le temps de chacun.
Vous trouverez, à la fin, quelques sondages ainsi que des exercices pour les unités de formation continue.
Je désire remercier du fond du cœur, au nom de toutes les personnes qui se sont jointes à nous, Leonie, Corrado et Jack. Vos perspectives aujourd’hui ont été extrêmement utiles.
Il est clair que naviguer en 2026 exigera de l’adaptabilité, et nous espérons que la discussion d’aujourd’hui vous aura donné des pistes pour y voir plus clair et réfléchir à ce que vous devez mettre en place cette année.
Merci également à tous ceux et celles qui ont participé à l’événement. Que vous soyez investisseur, conseiller ou simplement curieux de mieux comprendre l’évolution des marchés, nous apprécions vraiment votre temps et votre intérêt.
Et un rappel rapide pour nos participants du Québec : un questionnaire de formation continue apparaîtra à l’écran à la fin de la séance. Pour terminer, nous aimerions avoir votre avis. Un court sondage s’affichera à l’écran. Merci de prendre un moment pour nous faire savoir ce que vous avez pensé de l’événement d’aujourd’hui et comment nous pouvons continuer à nous améliorer.
Nous avons hâte de vous retrouver pour notre prochaine conférence Échos des marchés, qui aura lieu le 17 mars. D’ici là, prenez soin de vous et tous nos meilleurs vœux pour 2026.
Apprenez comment vous orienter dans le paysage changeant des placements en 2026. Experts de l’industrie nous feront part de leurs perspectives et stratégies variées pour l’année à venir. Découvrez des stratégies de croissance à long terme et de gestion des risques, et obtenez des conseils pour relever les défis tout en gardant le cap sur les objectifs financiers.
Sam compte plus de 30 ans d’expérience dans le secteur des services financiers, notamment dans les domaines des services bancaires, de la gestion de placements, de la planification financière personnelle et de la gestion du patrimoine. Il est l’auteur de plusieurs articles dans des publications de l’industrie, a donné des cours sur le leadership et les affaires la Conestoga College School of Business et est actuellement membre du comité de placement de Hamilton Health Sciences.
Chef des Solutions de placement pour les clients, Keyridge Asset Management
Leonie MacCann est chef des solutions de placement pour les clients au sein de l’équipe des solutions d’actifs multiples. Elle a pour responsabilité de travailler avec les clients issus des diverses plateformes de distribution à la conception et à la gestion de portefeuilles d’actifs multiples conformément à leurs contraintes et objectifs respectifs. Arrivée au sein de Keyridge Asset Management (anciennement Irish Life Investment Managers) en 2020, Leonie compte plus de 15 ans d’expérience en placements.
Directeur général exécutif & stratège, Marchés mondiaux, J.P. Morgan Asset Management
Jack Manley est directeur général exécutif et stratège, Marchés mondiaux chez J.P. Morgan Asset Management. Il fournit des commentaires sur les marchés et l’économie en temps opportun aux clients institutionnels et individuels des États-Unis et du Canada. Il collabore à la rédaction du rapport Long-Term Capital Market Assumptions de J.P. Morgan et signe de nombreux articles sur les économies et les marchés financiers mondiaux. Jack est fréquemment invité sur BNN, Bloomberg, CNBC et Fox Business, en plus d’être abondamment cité dans la presse financière. Il est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’Université de Chicago.
chef des placements, Gestion de placements Canada Vie limitée
Corrado dirige une équipe de gestionnaires de portefeuille et d’analystes qui conçoivent, élaborent et surveillent les portefeuilles. Cela comprend la surveillance des stratégies de gestion des risques des portefeuilles. Corrado compte plus de 18 ans d’expérience en gestion de portefeuille et en gestion de placements de clients privés.
Les opinions exprimées dans ce commentaire n’engagent que Canada Life Asset Management Limited, Keyridge Asset Management Limited et J.P. Morgan Asset Management en date du 13 janvier 2026 et peuvent changer sans préavis.
Le Fonds de revenu amélioré d’actions canadiennes Canada Vie, le Fonds de revenu amélioré d’actions des États-Unis Canada Vie et le Fonds de revenu amélioré d’actions internationales Canada Vie (les « fonds ») cherchent à générer un revenu et une croissance du capital à long terme au moyen d’une stratégie fondée sur des options, laquelle est conçue pour améliorer les liquidités et pour réduire la volatilité du portefeuille. Pour ce faire, les fonds vendent des options d’achat sur un indice d’actions. Les distributions aux porteurs de parts dépendent du rendement des avoirs en actions sous-jacentes et des primes tirées des options vendues; elles ne sont pas garanties. Le montant et la fréquence de ces distributions peuvent varier selon les conditions du marché. Les distributions supérieures aux bénéfices actuels et accumulés d’un fonds sont traitées comme un remboursement de capital; cela correspond à une distribution du capital de placement de l’investisseur, et non pas à un revenu ou à un rendement. La vente d’options d’achat comporte des risques. Par exemple, elle peut entraîner des pertes si les actifs sous-jacents doivent être vendus à un prix inférieur à la valeur marchande. Les primes découlant de la vente des options d’achat peuvent donner lieu à un rendement inférieur à celui des placements directs en titres de participation. Veuillez vous reporter aux prospectus des fonds pour obtenir des précisions sur ces risques ainsi que sur d’autres risques.
Le versement de distributions n’est pas garanti et peut fluctuer. Le versement de distributions ne doit pas être confondu avec la performance, le taux de rendement ou le rendement du fonds. Si les distributions versées par le fonds sont plus élevées que le rendement du fonds, votre investissement initial diminuera. Les distributions versées par suite de la réalisation de gains en capital, ainsi que le revenu et les dividendes gagnés par un fonds, sont imposables entre les mains de l’investisseur dans l’année où ils sont versés. Le prix de base rajusté sera diminué du montant des remboursements de capital. Si le prix de base rajusté tombe au-dessous de zéro, vous devrez payer l’impôt sur les gains en capital sur le montant négatif.
Le contenu de cette vidéo (y compris les faits, les perspectives, les opinions, les recommandations, les descriptions de produits ou titres ou les références à des produits ou titres) ne doit pas être pris ni interprété comme un conseil en matière de placement, ni comme une offre d’achat, ou une promotion, recommandation ou commandite de toute entité ou de tout titre cité.
Bien que nous nous efforcions d’en assurer l’exactitude et l’exhaustivité, nous n’assumons aucune responsabilité quant à son utilisation.
L’information présentée ici ne doit pas être interprétée comme des conseils juridiques ou fiscaux, car la situation de chaque client est différente. Veuillez consulter vos propres conseillers juridiques et fiscaux.
Cette vidéo pourrait renfermer des renseignements prospectifs qui décrivent nos attentes actuelles ou nos prédictions pour l’avenir ou celles de tiers. Les renseignements prospectifs sont, de par leur nature, assujettis, entre autres, à des risques, incertitudes et hypothèses qui peuvent modifier de façon importante des résultats réels qui ont été énoncés aux présentes. Ces risques, incertitudes et hypothèses comprennent, mais sans s’y limiter, les conditions générales économiques, politiques et des marchés, les taux d’intérêt et de change, la volatilité des marchés boursiers et financiers, la concurrence commerciale, les changements technologiques, les changements sur le plan de la réglementation gouvernementale, les changements au chapitre des lois fiscales, les poursuites judiciaires ou réglementaires inattendues et les catastrophes. Le lecteur est invité à examiner attentivement ces facteurs, ainsi que d’autres facteurs, et à ne pas se fier indûment aux renseignements prospectifs. Les renseignements prospectifs contenus aux présentes ne sont à jour qu’en date du 13 janvier 2026. Il ne faut pas s’attendre à ce que ces renseignements soient mis à jour, complétés ou révisés pour quelque motif que ce soit, en raison de nouvelles données, de nouvelles circonstances, d’événements futurs ou d’autres faits.
Les fonds communs de placement peuvent donner lieu à des commissions, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Veuillez lire le prospectus simplifié avant d’investir. Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur fluctue fréquemment et leur rendement passé n’est pas indicatif du rendement dans l’avenir.
Les Fonds communs de placement de la Canada Vie et les portefeuilles Counsel sont gérés par Gestion de placements Canada Vie limitée. Ils sont distribués par l’entremise des Services d’investissement Quadrus ltée, d’IPC Gestion du patrimoine et d’IPC Valeurs mobilières. Ils peuvent également être offerts par d’autres courtiers autorisés au Canada.
Une description des principales caractéristiques de la police de fonds distincts est présentée dans la notice explicative. Tout montant affecté à un fonds distinct est investi aux risques du propriétaire de la police et sa valeur peut augmenter ou diminuer. Ces fonds sont offerts par l’intermédiaire d’une police de fonds distincts établie par la Canada Vie.
Canada Vie et le symbole social, et Gestion de placements Canada Vie et le symbole social sont des marques de commerce de La Compagnie d’Assurance du Canada sur la Vie. Les autres marques de commerce qui figurent dans la présente déclaration sont des marques de commerce de leurs propriétaires respectifs et elles sont utilisées sous licence ou avec permission.