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Commentaires sur les marchés | 30 janvier 2026 

Les actions canadiennes ont reculé le 30 janvier 2026, l’indice composé S&P/TSX ayant perdu 3,31 %, majoritairement à cause des ventes massives d’actions des métaux et des mines, qui ont reculé de 11,26 %. Le mouvement boursier a suivi de près le repli marqué des contrats à terme sur métaux précieux, l’or, l’argent et le platine ayant lâché environ 11 %, 31 % et 19 % respectivement. 

Bien que l’ampleur de la baisse ait été notable, les facteurs semblent concentrés plutôt que systémiques. Ce mouvement reflète une réévaluation des placements en métaux précieux très prisés à la suite d’une remontée prolongée alimentée par le momentum. Comme je l’ai souligné dans mes commentaires précédents sur l’or, la participation élevée des investisseurs individuels et la peur de rater une occasion ont accru le risque de revirement soudain en cas de changement dans la perception des investisseurs. La réorientation d’aujourd’hui est conforme à ce cadre et ne signale pas, selon nous, une détérioration des paramètres fondamentaux de l’économie canadienne ou mondiale. 

Ce qui s’est produit sur les marchés le 30 janvier  

Le marché boursier canadien s’est affaibli de façon constante tout au long de l’après-midi du 30 janvier, avant de reculer de façon accélérée jusqu’à la clôture. Le rendement sectoriel a été très inégal. À l’exception des matériaux, les baisses du marché ont été relativement modestes. La baisse de l’indice a été principalement causée par le secteur des matériaux et, au sein de celui-ci, des producteurs de métaux précieux.

Cette situation donne à penser que la réorientation d’aujourd’hui ne découle pas d’une aversion généralisée pour le risque, mais plutôt d’un rajustement sectoriel à la suite d’une période prolongée de solides rendements. Les ventes massives semblent moins résulter des nouvelles données macroéconomiques que d’une réévaluation rapide du positionnement au sein d’un segment restreint du marché.

Métaux précieux : de la couverture macroéconomique aux opérations axées sur le momentum

Dans nos commentaires précédents sur l’or et les marchandises, nous avons souligné que, même si les métaux précieux étaient soutenus par des considérations macroéconomiques légitimes, y compris les préoccupations entourant la viabilité budgétaire, les risques géopolitiques et la crédibilité des banques centrales, la fluctuation des prix avait commencé à refléter d’autres facteurs moins durables.

Plus précisément, nous avons souligné les signes suivants :

  • Hausse de la participation des investisseurs individuels;
  • Habitudes d’achat dictées par le momentum;
  • Renforcement du narratif sur les réseaux numériques et sociaux;
  • Diminution de la sensibilité à l’évaluation et à la dynamique des taux réels.

À mesure que le positionnement s’aligne de plus en plus sur le narratif plutôt que sur l’évaluation, la liquidité peut se révéler moins abondante qu’elle ne semble. Dans ces contextes, les revirements, lorsqu’ils se produisent, ont tendance à être abrupts et non linéaires. L’ampleur de la baisse des contrats à terme sur l’or, l’argent et le platine enregistrée le 30 janvier reflète cette dynamique.

Lien entre le mouvement d’aujourd’hui et les commentaires précédents sur l’or

Dans nos commentaires précédents sur l’or et les marchandises, nous avons souligné que, même si les métaux précieux étaient soutenus par des thèmes structurels crédibles, la progression dépendait de plus en plus des flux dictés par le momentum. Cette dynamique a accru le risque de revirement marqué lorsque la perception des investisseurs a changé. L’évolution actuelle des cours est conforme à cette évaluation et reflète une réévaluation du positionnement plutôt qu’un changement du contexte macroéconomique sous-jacent.

Contexte du positionnement du portefeuille

Dans nos récents commentaires, nous avons souligné que les actions canadiennes semblaient de plus en plus mises à l’épreuve relativement à leurs homologues dans le contexte macroéconomique et géopolitique prévalent. Bien que le rendement de l’indice phare ait été soutenu par la vigueur de l’or et d’autres métaux, les facteurs de rendement sous-jacents se faisaient de plus en plus rares et dépendaient davantage du momentum que de la croissance généralisée des bénéfices.

Dans ce contexte, et avant les ventes massives du 29 janvier, nos portefeuilles multiactifs affichaient une exposition réduite aux actions canadiennes, ainsi qu’une exposition accrue aux actions américaines et aux placements alternatifs liquides. Ce positionnement reflétait une évaluation selon laquelle le potentiel de rendement relatif des actions canadiennes était devenu moins intéressant, en particulier à cause de la concentration de l’indice, de la sensibilité aux fluctuations des prix des marchandises et des occasions offertes ailleurs dans les portefeuilles diversifiés.

Les placements alternatifs liquides étaient considérés comme des composantes de portefeuille de plus en plus précieuses dans ce contexte, à la fois comme instrument de diversification et comme source de rendement potentiel moins dépendants du bêta boursier traditionnel. Ce positionnement n’était pas en réaction aux fluctuations à court terme du marché, mais une extension d’un cadre de constitution de portefeuille plus large axé sur la gestion du risque de concentration et l’amélioration des résultats rajustés en fonction du risque.

Attentes à l’égard de la politique et catalyseur de la réévaluation

Les ventes massives sont probablement dues à l’attention renouvelée sur le leadership de la politique monétaire américaine après l’annonce que Kevin Warsh devrait être nommé pour succéder à Jerome Powell à la présidence de la Réserve fédérale.

Même si les réactions des actions, des taux et des devises ont été relativement contenues, les conséquences pour les métaux précieux ont été plus marquées. M. Warsh est généralement perçu comme accordant davantage d’importance à la rigueur du bilan et à la crédibilité institutionnelle, qu’à un assouplissement important des conditions financières. Dans un contexte de sursouscription, même une légère réduction du risque extrême de politique perçu peut être suffisante pour déclencher une réévaluation substantielle.

Il convient également de noter que les métaux précieux avaient déjà commencé à fléchir avant la publication de ces données, ce qui renforce l’opinion selon laquelle le positionnement et le momentum, plutôt que les nouvelles données, ont été les principaux moteurs de ce mouvement.

La structure du marché canadien a amplifié le repl

La composition du marché boursier canadien a amplifié l’incidence du repli des métaux. En raison de son exposition plus élevée aux actions des ressources, en particulier des producteurs de métaux précieux, l’indice S&P/TSX a tendance à réagir plus fortement aux rajustements propres aux marchandises comparativement à de nombreux marchés mondiaux.

Par conséquent, ce qui n’était dans le fond qu’une réévaluation mondiale du risque lié aux métaux précieux s’est traduit par une dégringolade disproportionnée de l’indice, malgré de modestes changements dans les données macroéconomiques, les prévisions de bénéfices ou les conditions financières au pays.

Incidences sur le portefeuille et observations

Du point de vue de la constitution de portefeuille, la réaction du marché le 30 janvier renforce plusieurs observations figurant souvent dans nos travaux précédents.

Premièrement, les actifs, souvent perçus comme des instruments de diversification, peuvent se comporter différemment lorsque les flux s’alignent sur le momentum. Les métaux précieux peuvent jouer un rôle important au sein des portefeuilles sur des cycles complets, mais les fluctuations à court terme peuvent diverger considérablement en périodes de sursouscription.

Deuxièmement, la concentration du marché est importante. L’expérience du Canada aujourd’hui souligne l’importance de comprendre non seulement l’exposition aux catégories d’actif, mais aussi les facteurs de rendement sous-jacents de ces expositions.

Enfin, les baisses marquées et dictées par la confiance ont tendance à créer des rendements dispersés plutôt qu’uniformes. Le maintien de la diversification entre les régions, les catégories d’actif et les facteurs de rendement, tout en tenant compte du risque de concentration et de momentum, a historiquement contribué à accroître la résilience des portefeuilles tout au long des cycles.

Conclusion

Le repli des actions canadiennes le 30 janvier a été notable, mais aussi très restreint. Il reflétait un changement rapide du positionnement en métaux précieux à la suite d’une période au cours de laquelle le momentum et le renforcement du narratif auprès des investisseurs individuels ont gagné en importance, un risque souligné dans les commentaires précédents.

Comme les marchés continuent de composer avec l’évolution des cadres politiques, l’évolution des perspectives de productivité et l’incertitude géopolitique, les résultats des portefeuilles devraient être influencés autant par la structure et le positionnement que par les rendements globaux. La distinction entre les signaux structurels et le bruit associé au momentum est essentielle à une gestion de portefeuille rigoureuse.

Corrado Tiralongo (il/lui)
Vice-président, Répartition de l’actif et chef des placements, Gestion de placements Canada Vie

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