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Commentaires sur les marchés | 20 février 2026

Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a statué que le recours par l’administration de la International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) pour imposer des droits de douane réciproques généralisés était illégal. Dans les heures suivantes, le président Trump a annoncé l’imposition de droits de douane mondiaux de 10 % en vertu de l’article 122 de la Trade Act de 1974, ainsi que l’élargissement des enquêtes sur des produits précis. Le 21 février, ce taux a été porté à 15 %, soit le maximum permis par la loi.

Le cadre juridique a changé. Le fardeau effectif des droits de douane n’a quant à lui pas diminué de façon significative.

Pour le Canada, la probabilité d’une escalade tarifaire abrupte et discriminatoire s’est atténuée à l’approche de l’examen de l’ACEUM. Il est important de noter que les biens conformes à l’ACEUM, qui représentent environ 85 % des importations en provenance du Canada et du Mexique, demeurent exempts de droits de douane. Toutefois, le protectionnisme demeure bien ancré et les mesures propres à certains secteurs semblent appelées à s’intensifier.

Parallèlement, des données récentes montrent que la diversification des exportations du Canada demeure fortement concentrée dans les métaux et les minéraux, en particulier l’or, plutôt que d’indiquer une vigueur manufacturière généralisée.

Le risque commercial a évolué, passant de chocs épisodiques à des frictions structurelles. Le leadership boursier est en rotation. Les considérations cycliques demeurent centrales.

La décision de la Cour suprême des États-Unis et le virage politique immédiat  

La décision de la Cour suprême écarte le recours à l’IEEPA comme instrument permettant d’imposer des droits de douane généralisés et discrétionnaires. Depuis le « Jour de la libération », le Trésor américain a perçu environ X milliards de dollars en droits de douane 1 . Environ 110 milliards de dollars perçus en vertu de l’IEEPA pourraient désormais faire l’objet de litiges prolongés quant à leur remboursement 2 .

Cependant, l’administration a réagi rapidement.

Le président Trump a annoncé ce qui suit :

  • Des droits de douane mondiaux de 10 % en vertu de l’article 122
  • Un élargissement des enquêtes au titre des articles 232, 201 et 301
  • Aucun engagement à rembourser les perceptions effectuées en vertu de l’IEEPA

L’article 122 fournit un fondement juridique plus solide, mais introduit des contraintes :

  • Droits de douane plafonnés à 15 %
  • Durée limitée à 150 jours sans l’approbation du Congrès
  • Application non discriminatoire parmi les partenaires commerciaux

Le caractère non discriminatoire des droits de douane réduit la flexibilité de l’administration pour exercer des pressions bilatérales ciblées durant les négociations.

En fonction de la composition des importations, le taux effectif des droits de douane se situe désormais près de 12 %, ce qui est légèrement inférieur à la fourchette antérieure de 13 % à 14 %.

La structure a changé. L’orientation protectionniste demeure.

Répercussions sur le commerce avec l’ACEUM et l’Amérique du Nord 

L’examen conjoint de l’ACEUM demeure prévu pour le milieu de l’année 2026.

Trois issues demeurent possibles :

  1. Prorogation pour 16 ans supplémentaires
  2. Examens annuels continus sans prorogation
  3. Retrait avec un préavis de six mois

Un retrait complet pourrait faire en sorte que les États-Unis réimposent des droits de douane d’environ 35 % sur le Canada et 25 % sur le Mexique, ce qui pousserait vraisemblablement les deux économies en récession.

La décision de la Cour suprême réduit la probabilité d’une escalade soudaine et discriminatoire des droits de douane. Toutefois, les nouveaux droits de douane mondiaux de 10 % s’appliquent universellement. Le Canada ne bénéficie pas d’un traitement préférentiel en vertu de l’article 122.

L’élargissement des enquêtes en vertu des articles 232 et 301 laisse entrevoir que les mesures sectorielles pourraient s’intensifier d’ici le milieu de l’année.

L’incertitude liée aux politiques est passée d’un choc ponctuel à une pression sectorielle continue, assortie d’un échéancier de 150 jours.  

Réorientation des échanges commerciaux du Canada : des progrès, mais concentrés   

Les données récentes montrent que les exportations de biens à destination de marchés autres que les États‑Unis ont augmenté de 5,8 % d’un mois à l’autre pour atteindre un sommet record de 21,4 G$ CA. La part des exportations à destination des États-Unis est passée à 71,7 %, contre 75,9 % un an plus tôt 3 .

Toutefois, la composition est importante.

Sur la hausse de 28,8 G$ CA des exportations hors États‑Unis au cours de la dernière année, 17,2 G$ CA sont attribuables à des métaux et minéraux, ce qui reflète principalement des flux élevés relativement à l’or.

Les soldes commerciaux par pays montrent également que les gains de diversification se sont concentrés sur un ensemble restreint de marchés, avec un contrepoids limité de la part de partenaires majeurs comme la Chine et l’Union européenne.

Les secteurs les plus touchés par la baisse des exportations américaines, y compris les produits chimiques, les véhicules automobiles et la foresterie, n’ont pas encore démontré une diversification notable.

Le secteur manufacturier demeure atone. La croissance du PIB est vraisemblablement restée modeste au quatrième trimestre. Une réorientation commerciale est en cours, mais elle demeure limitée et axée sur les marchandises.

Contexte macroéconomique d’ensemble   

Un taux universel de 15 % pour tous les pays rétablit des niveaux de droits de douane effectifs comparables à ceux observés avant la décision de la Cour. Même si des exemptions en atténuent l’incidence directe, le contexte élargi demeure caractérisé par des frictions commerciales marquées.

L’élargissement des enquêtes sectorielles alimente une incertitude durable à l’approche de la mi‑année. Parallèlement, les marchés boursiers sont en rotation. Les actions à petite capitalisation, les actions de valeur et les actions défensives ont commencé à surpasser les actions de croissance à grande capitalisation.

Historiquement, de tels changements se produisent souvent pendant les transitions en fin de cycle et les périodes de dispersion croissante.

L’incertitude commerciale a été restructurée. Elle n’a pas disparu.

Incidence pour nos portefeuilles : positionnement en vue d’une fragmentation structurelle et d’une participation élargie   

Le rajustement juridique n’a pas infléchi le virage protectionniste. Des droits de douane mondiaux de 15 % demeurent en place. Les enquêtes sectorielles prennent de l’expansion.

Cela vient nous conforter dans notre cadre de positionnement de base.

Nous continuons de croire que les marchés sont en train de passer d’une phase axée sur une concentration étroite à une participation élargie. Le cycle de placement de l’IA demeure durable. Le leadership en matière de bénéfices s’étend au-delà d’un petit groupe de sociétés de croissance dominantes.

Les répartitions de nos avoirs reflètent la fragmentation structurelle et la dispersion croissante.

Surpondération des actions américaines  

L’exposition aux actions américaines demeure une pondération centrale.

Les États-Unis continuent de faire preuve de résilience relative à l’égard des bénéfices, de leadership en matière d’innovation et de profondeur des marchés financiers. Bien que les droits de douane soulèvent des enjeux de marge, le taux effectif demeure gérable au regard des épisodes historiques.

Il est important de noter que la participation s’élargit à travers les secteurs et les facteurs, plutôt que de rester cantonnée aux mégacapitalisations de croissance.

Sous-pondération des actions canadiennes  

L’exposition aux actions canadiennes demeure modérée par rapport aux indices de référence mondiaux.

La diversification des exportations s’est concentrée dans les métaux et les minéraux, plutôt que de refléter une vigueur manufacturière généralisée. Les secteurs manufacturiers les plus exposés aux droits de douane américains demeurent sous pression.

La baisse du risque de droits de douane discriminatoires est encourageante, mais des droits de douane universels de 10 % persistent. Le Canada demeure sensible à la croissance américaine, et la concentration sectorielle limite les avantages de la diversification.

La sélectivité demeure importante.

Sous-pondération des titres des marchés développés internationaux 

Les marchés développés à l’extérieur des États-Unis continuent d’afficher des contraintes structurelles de croissance et une sensibilité à l’affaiblissement du commerce mondial.

Un contexte de droits de douane mondiaux de 15 % constitue un vent contraire pour les économies axées sur les exportations. La visibilité relative des bénéfices demeure relativement plus forte aux États-Unis.

Surpondération des titres des marchés émergents 

Les marchés émergents continuent d’offrir des valorisations relativement attrayantes et des cycles de bénéfices à un stade plus précoce dans certaines régions.

La réorganisation de la chaîne d’approvisionnement et les rajustements commerciaux régionaux pourraient favoriser l’émergence d’occasions supplémentaires au fil du temps. La dispersion demeure élevée, ce qui renforce l’importance d’une sélection active.

L’élargissement de la participation demeure un élément central 

Le leadership boursier est en rotation. Le risque de concentration se modère.

Le positionnement reflète :

  • Une participation élargie au marché
  • Une diversification des facteurs
  • Une dépendance réduite à un leadership restreint en matière de croissance
  • Une participation qui s’étend à d’autres secteurs et régions

Ce n’est pas une posture défensive. C’est une posture d’adaptation.

Le rôle des placements alternatifs liquides 

Les rajustements continus des droits de douane, les enquêtes sectorielles et l’incertitude entourant les politiques de mi-année augmentent la variabilité des rendements.

Les stratégies de placements alternatifs liquides peuvent améliorer la diversification et aider à atténuer la volatilité pendant les déplacements de marché dictés par la politique.

La résilience se construit délibérément.

Conclusion  

La décision de la Cour suprême a modifié la voie juridique pour les droits de douane. Le passage rapide de l’administration à des droits de douane mondiaux de 15 % confirme que le protectionnisme demeure ancré.

Pour le Canada, le risque d’escalade de droits de douane discriminatoires a reculé. Toutefois, la diversification des exportations demeure étroite et le dynamisme de la croissance reste modeste.

Les frictions commerciales sont maintenant structurelles. Le leadership sur le marché s’élargit. La dispersion augmente. Dans ce contexte, une diversification rigoureuse, un équilibre des facteurs et des placements alternatifs intégrés demeurent au cœur de la constitution d’un portefeuille résilient.

Corrado Tiralongo (il/lui)
Vice-président, Répartition de l’actif et chef des placements Gestion de placements Canada Vie

Capital Economics Capital Economics Statistique Canada : Le Quotidien – Commerce international de marchandises du Canada, décembre 2025

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