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Commentaires sur les marchés | 25 janvier 2026

Le début de 2026 a été marqué par un flot exceptionnellement dense de manchettes géopolitiques, de nombreux événements survenant rapidement et pendant les fins de semaine. Bien que ces événements aient contribué à la volatilité à court terme des marchés, leur incidence macroéconomique à court terme est, dans la plupart des cas, demeurée limitée. À l’exception notable du Japon, où la dynamique des marchés obligataires semble plus structurelle, les perspectives économiques mondiales sous-jacentes n’ont pas beaucoup changé par rapport aux attentes établies au début de l’année.

À mesure que les perturbations politiques s’intensifient, la politique monétaire redevient l’un des facteurs d’influence les plus durables sur les conditions des marchés. Les grandes banques centrales n’évoluent plus en parallèle, la croissance intérieure, l’inflation et les conditions du marché de l’emploi façonnant de plus en plus les trajectoires de politiques monétaires divergentes. Les prochaines réunions des banques centrales sont donc plus susceptibles de renforcer la différenciation des politiques que de provoquer des surprises abruptes.

Par ailleurs, les récents événements ont mis en évidence un changement structurel plus profond de l’ordre mondial. Les alliances occidentales ne sont pas en train de se dissoudre, mais les forces qui les unissent s’éloignent des valeurs communes et se tournent vers des dépendances économiques, financières et de sécurité. Les efforts déployés par les puissances moyennes pour se rapprocher de certains pays ou pour diversifier leurs relations font face à des contraintes claires, et les attentes d’un réalignement ou d’un découplage rapide semblent surévaluées.

Pour les investisseurs, le principal défi reste de faire la distinction entre le risque lié à l’actualité et le risque structurel. Les marchés ont fait preuve de résilience face aux chocs politiques, mais les primes de risque étroites laissent entrevoir une plus grande sensibilité si les événements futurs commençaient à modifier les cadres de la politique ou les conditions financières de façon plus durable.

Des manchettes qui donnent le tournis et les limites de l’impact macroéconomique

Les premières semaines de 2026 ont donné lieu à une avalanche de manchettes géopolitiques; de nombreux événements se sont déroulés pendant les fins de semaine, de sorte que les marchés, les décideurs et mon équipe ont réévalué le scénario à une fréquence inhabituelle. Une fin de semaine, le Venezuela, la semaine suivante, le Groenland, les tensions commerciales ravivées avec l’Europe peu après, le tout s’ajoutant à l’incertitude politique à Washington. Pris isolément, n’importe lequel de ces événements aurait pu dominer le débat macroéconomique. Ensemble, ils ont créé un début d’année exceptionnellement frénétique.

Pourtant, une distinction importante est apparue entre la volatilité globale et la substance macroéconomique. À l’exception notable du Japon, où l’évolution du marché des obligations d’État laisse penser que des changements plus structurels pourraient être en court, les plus récentes tensions géopolitiques ont eu des conséquences macroéconomiques limitées à court terme. Les marchés semblent refléter cette évaluation. Les marchés boursiers ont rebondi à la suite de périodes de désescalade, renforçant l’opinion selon laquelle les investisseurs sont de plus en plus enclins à faire fi du bruit politique, à moins que celui-ci n’altère considérablement la croissance, l’inflation ou les conditions financières.

Cette distinction est importante. Même si les risques politiques et géopolitiques demeurent élevés, le contexte macroéconomique général pour 2026 n’a pas beaucoup changé par rapport à la base que nous avons établie au début de l’année.

Année 2 du deuxième mandat de Trump : une volatilité sans révision macroéconomique

À l’aube de la deuxième année du mandat actuel de l’administration américaine, les marchés continuent de composer avec un contexte défini par l’imprévisibilité. Les manchettes ont généré de la volatilité à court terme, mais, jusqu’à présent, elles n’ont pas suffi à modifier les perspectives macroéconomiques de façon durable.

La question la plus pertinente n’est pas de savoir ce qui pourrait générer le prochain épisode de volatilité, mais ce qui serait nécessaire pour modifier fondamentalement la trajectoire économique. Les scénarios extrêmes, comme un conflit militaire direct entre grandes puissances, l’emporteraient clairement sur les considérations économiques. Toutefois, les événements récents sont nettement loin de ce seuil.

La politique monétaire reste l’un des rares domaines capables de produire une véritable inflexion macroéconomique. Le leadership et l’orientation de la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) continuent donc d’avoir de l’importance, même si les récents signaux laissent entrevoir une continuité plutôt que des perturbations. En l’absence d’un changement marqué et inattendu de la composition ou du mandat de la Fed, les risques liés à la politique monétaire semblent limités par rapport au brouhaha géopolitique qui fait les manchettes.

Les banques centrales reviennent au premier plan, car les trajectoires des politiques divergent

À l’approche de la première série importante de réunions des banques centrales en 2026, la politique monétaire redevient une source importante de différenciation pour les marchés, même si les événements géopolitiques continuent de retenir l’attention. Contrairement à la période allant de 2022 à 2024, où des chocs communs ont poussé les grandes banques centrales à agir en grande partie de concert, les conditions économiques nationales exercent de nouveau une plus grande influence sur les décisions de politique.

Aux États-Unis, la Fed restera probablement sur pause à court terme. Même si les données récentes sur l’inflation se sont atténuées et que la croissance du coût unitaire de la main-d’œuvre s’est affaiblie, l’activité économiqueest demeurée relativement résiliente et le taux de chômage s’est stabilisé. Cette combinaison réduit l’urgence d’un assouplissement supplémentaire lors des prochaines réunions. Parallèlement, l’atténuation des pressions inflationnistes sous-jacentes donne à penser que la Fed conserve de la souplesse plus tard cette année, surtout si les tendances de la productivité continuent de compenser la croissance des salaires. Les résultats à très court terme devraient donc être centrés sur une pause, accompagnés d’une communication prudente plutôt que d’un changement de politique décisif.

Au Canada, l’accent est de plus en plus mis sur le momentum de la croissance plutôt que sur les risques inflationnistes. Les récentes données sur le PIB font ressortir une économie qui continue d’avoir du mal à monter en puissance, la faiblesse s’étendant au-delà des effets temporaires de la grève dans les secteurs producteurs de biens, comme la fabrication. Même si cette anémie renforce l’opinion selon laquelle les conditions monétaires restent restrictives, il est peu probable qu’elle entraîne, isolée, une réaction politique immédiate. La Banque du Canada a déjà indiqué qu’elle considère que son cycle d’assouplissement est terminé pour l’instant, à cause des préoccupations à l’égard de la dynamique de l’offre de main-d’œuvre et du risque de nouvelles pressions inflationnistes. Par conséquent, les prochaines réunions devraient mettre l’accent sur la dépendance aux données plutôt que fournir des indications prospectives.

Ailleurs, les divergences de politique s’accentuent. Les perspectives de croissance semblent plus faibles dans certaines régions de l’Europe et au Royaume-Uni, où l’affaiblissement des pressions salariales pourrait offrir une plus grande marge de manœuvre pour des réductions de taux plus tard dans l’année. En revanche, le Japon et l’Australie font face à une demande intérieure plus forte et à des pressions inflationnistes sous-jacentes plus persistantes, laissant entrevoir un autre défi en matière de politique monétaire. Cette divergence donne à penser que les écarts de taux d’intérêt, plutôt qu’un cycle mondial synchronisé, pourraient jouer un rôle plus important dans la dynamique des marchés des devises et des obligations en 2026. Dans l’ensemble, il est peu probable que les prochaines réunions des banques centrales donnent lieu à des surprises spectaculaires. Elles sont plutôt plus susceptibles de renforcer un thème qui devient de plus en plus important pour les investisseurs : la politique monétaire n’évolue plus comme une seule marée mondiale et les conditions économiques nationales sont plus importantes que la rhétorique géopolitique lorsqu’il s’agit d’établir les trajectoires des politiques.

Une alliance occidentale en évolution, de valeurs partagées à dépendances partagées

L’un des thèmes les plus importants qui se sont dégagés des dernières semaines n’est pas la dissolution de l’alliance occidentale, mais un changement de ce qui la lie. Sous l’administration précédente des États-Unis, la relation transatlantique s’articulait autour de valeurs démocratiques communes et d’un objectif politique commun. Ce ciment s’est effrité.

Ce changement a été récemment exprimé dans un récent discours du premier ministre Mark Carney, qui a qualifié le moment actuel de rupture plutôt que de transition dans l’ordre international. La distinction est importante. Une transition implique une continuité avec un rajustement. Une rupture donne à penser que certaines des hypothèses qui sous-tendent les alliances, la coopération et les relations économiques sont en cours de réévaluation.

En pratique, ce qui ressort est une alliance de plus en plus liée par des dépendances et, dans certains cas, par une force sans équivoque. La technologie, la sécurité, les capacités de défense et le rôle central du dollar américain dans la finance mondiale constituent maintenant les piliers de la cohésion occidentale. Ce changement souligne l’ampleur de la force des États-Unis par rapport à ses alliés et met en valeur les contraintes auxquelles les soi-disant puissances moyennes, dont le Canada, sont confrontées.

Bien qu’il y ait eu de nouvelles discussions sur la coordination plus ferme des puissances moyennes en réaction à cet environnement fracturé, le fait de dépendre étroitement des systèmes américains dans des domaines comme la sécurité, la technologie et la finance continue de limiter la portée de cette indépendance. Ce qui a changé, donc, ce n’est pas l’existence du bloc occidental, mais le mécanisme de cohésion, qui est passé des valeurs partagées à un cadre plus transactionnel et, parfois, coercitif.

Rapprochement avec la Chine, mais jusqu’à un certain point seulement

Dans ce contexte, certains pays, dont le Canada, semblent explorer des stratégies de rapprochement plus prudentes, en s’engageant de façon sélective auprès de la Chine à cause de l’incertitude entourant la relation avec les États-Unis. Beijing a cherché à se positionner comme un partisan du multilatéralisme, du commerce ouvert et de l’ordre international fondé sur des règles, en particulier par rapport au ton de Washington.

Toutefois, il existe des limites claires à la portée d’un tel changement de cap. Réduire la dépendance à l’égard d’une puissance hégémonique en augmentant la dépendance à l’égard d’une autre offre un répit stratégique limité. Dans le cas de l’Europe en particulier, la Chine, qui était principalement une occasion d’exportation, est devenue un concurrent économique de plus en plus direct. De plus, les difficultés économiques internes de la Chine et la dynamique de ses exportations risquent d’intensifier les frictions commerciales plutôt que de les atténuer.

Par conséquent, un rapprochement sélectif semble plus plausible qu’un réalignement stratégique général. Bien que cela puisse réduire l’influence marginale des États-Unis, en particulier dans des domaines comme les contrôles technologiques et les chaînes d’approvisionnement, cela ne signale pas l’émergence d’une solution de rechange centrée sur la Chine capable de remplacer les structures occidentales existantes.

Les limites de l’autonomie stratégique européenne

L’idée que l’Europe forme un troisième bloc distinct, indépendant des États-Unis et de la Chine, refait surface en période de tensions géopolitiques accrues. Pourtant, les contraintes demeurent importantes. Les dépenses de défense sont soumises à des limites budgétaires et politiques dans la majeure partie du continent et, même lorsque des hausses de dépenses sont réalisables, l’Europe reste fortement tributaire de la technologie de défense et des capacités industrielles des États-Unis.

L’autonomie financière présente des défis semblables. Les propositions d’obligations européennes émises conjointement ont plusieurs fois échoué à gagner en popularité, malgré plusieurs crises qui auraient pu servir de catalyseurs (par exemple, la crise dans la zone euro en 2012, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la COVID-19). Le principal obstacle a été la coordination politique entre 27 États souverains. Même si des progrès étaient réalisés, la mise en œuvre prendrait probablement de nombreuses années.

Par conséquent, les attentes d’un découplage rapide entre l’Europe et les États-Unis semblent exagérées. Un changement structurel est possible, mais il devrait être graduel et inégal.

Conséquences sur le marché : distinction du signal et du bruit

Les premières semaines de 2026 ont renforcé une leçon familière. Les chocs ne sont pas tous macroéconomiques. Les événements politiques peuvent générer de la volatilité, mais à moins qu’ils ne modifient les cadres politiques, les conditions financières ou le comportement économique, leur incidence sur les marchés se révèle souvent temporaire.

Le système mondial ne se fragmente pas nettement en sphères d’influence géographiques. Il évolue plutôt en un ensemble plus complexe de blocs qui se chevauchent, liés par l’histoire, les institutions, la technologie et la finance. Ces liens demeurent durables, même si les relations politiques deviennent plus transactionnelles.

Du point de vue du marché, le principal point à retenir est l’importance de faire la distinction entre le risque lié à l’actualité et le risque structurel. La volatilité pourrait demeurer élevée, mais les assises macroéconomiques se sont jusqu’ici révélées résilientes. Cela dit, la persistance des primes de risque étroites et de la faible volatilité donne à penser que les marchés pourraient être moins indulgents si les événements futurs vont au-delà de la rhétorique et commencent à modifier les cadres politiques ou les conditions financières d’une manière plus durable.

Perspective de conclusion : un positionnement axé sur la résilience et les occasions en 2026

Nos perspectives pour 2026 demeurent optimistes, en particulier à l’égard des actions. Le contexte des marchés boursiers semble toujours favorable, même si la volatilité persiste, et le thème de l’intelligence artificielle demeure une influence durable sur l’économie et les marchés sur plusieurs années, plutôt qu’un cycle de courte durée.

Parallèlement, l’attention se tourne de plus en plus vers l’élargissement des sociétés qui dominent le marché. À mesure que le cycle d’investissement dans l’IA arrivera à maturité, les résultats du marché pourraient refléter la transition d’un accent restreint mis sur les personnes qui dépensent vers un plus large éventail de sociétés et de secteurs qui sont bien placés pour tirer des profits de cet investissement. Cette évolution favorise une plus grande diversification entre les régions, les secteurs et les facteurs, plutôt que de dépendre d’un petit groupe de titres dominants.

En plus des actions, les fonds alternatifs liquides, comme moyens potentiels d’amélioration du rendement et de diversification, pourraient devenir des composantes de plus en plus pertinentes des portefeuilles diversifiés. Dans un contexte caractérisé par des divergences de politiques, une volatilité épisodique et des primes de risque comprimées, les stratégies qui offrent des sources de rendement et de diversification différenciées pourraient jouer un rôle plus important dans l’amélioration de la résilience du portefeuille.

Dans l’ensemble, notre approche pour 2026 continue de mettre l’accent sur la rigueur, la diversification et la construction de portefeuille réfléchie. Plutôt que de réagir aux manchettes, nous continuons de mettre l’accent sur le positionnement des portefeuilles de façon à profiter des occasions à long terme tout en gérant le risque au moyen de l’équilibre, de la diversification et d’une perspective orientée vers l’avenir.

Corrado Tiralongo (il/lui)
Vice-président, Répartition de l’actif et chef des placements, Gestion de placements Canada Vie

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