Commentaires sur les marchés par Corrado Tiralongo, chef des placements | 1 mai 2026
Le marché n’ignore pas le choc géopolitique. Il choisit de regarder au-delà. Cela a fonctionné au départ. C’est de plus en plus difficile à justifier. Le détroit d’Ormuz demeure largement bloqué. Le transport d’énergie est toujours perturbé. Les négociations se poursuivent, mais il n’y a pas eu d’amélioration réelle. Pourtant, le marché s’attend toujours à la même conclusion : les perturbations s’estompent, les répercussions économiques sont contenues, la croissance se maintient.
Il ne s’agit plus d’un scénario de base neutre. Il est de plus en plus optimiste. Le problème réside dans le temps. Chaque semaine supplémentaire de perturbations augmente la probabilité de répercussions plus significatives, d’abord sur l’énergie, puis sur l’inflation, puis sur les politiques et finalement sur la croissance. Les marchés envisagent l’état final. Nous travaillons toujours à la transmission.
Le changement est subtil, mais il a commencé à s’opérer
Vous commencez à le voir, progressivement. Le prix du pétrole continue d’augmenter. Les taux obligataires augmentent. Le dollar se raffermit. Le dynamisme des actions a stagné. Aucun de ces facteurs n’influence la situation à lui seul. C’est ensemble qu’ils le font.
Les conditions financières ne s’assouplissent plus. Elles se resserrent graduellement, de façon inégale, mais sans nul doute. Parallèlement, la volatilité s’est déjà normalisée. Le vent favorable est tombé.
Le marché a donc besoin de meilleurs résultats, pas seulement de résultats stables. La barre est plus haute qu’il n’y paraît.
L’ensemble de la structure repose sur un pilier
Si l’hypothèse géopolitique offre un soutien, l’autre est les bénéfices. Plus précisément, il s’agit d’une très petite partie du marché. Environ 70 % de la croissance prévue des bénéfices provient des sociétés technologiques à grande capitalisation
Le test aura lieu cette semaine
C’est là que le narratif rencontre la réalité. Les déclarations de bénéfices de cinq des plus grandes sociétés technologiques américaines, Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta Platforms, publiées le 29 avril, suivies de celles d’Apple le 30 avril, fourniront le test le plus clair à court terme permettant de déterminer si les données fondamentales suivent le rythme des attentes.
Ça, c’est le marché.
Les deux dernières périodes de publication des résultats ont été très encourageantes, contrairement à la réaction à celles-ci. Les investisseurs ont mal accueilli la hausse des dépenses en immobilisations. Les flux de trésorerie disponibles ont subi des pressions. Le narratif sur l’IA a été accepté, mais sans grande conviction. Ce qui a changé, c’est la confiance. Le marché suppose maintenant que ces préoccupations n’ont pas d’importance. Cela ne tient que si les données et, surtout, les prévisions plaident en faveur d’une telle issue. Si c’est le cas, la remontée se poursuit. Si ce n’est pas le cas, il n’y a pas grand-chose sous la surface pour absorber le rajustement.
Les banques centrales ne confirment pas le narratif
La semaine est également difficile pour les politiques monétaires. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon se réunissent le 29 avril aux côtés de la Banque du Canada. Dans l’ensemble, les attentes sont les mêmes. Attendre.
Ce n’est pas un signe de stabilité. Il s’agit d’une pause dans un contexte d’incertitude. Elles n’assouplissent pas leur politique parce que les risques que pose l’énergie à la croissance ne se sont pas pleinement matérialisés. Elles ne resserrent pas leur politique parce qu’elles attendent de voir dans quelle mesure ces pressions persisteront. Plus important encore, les réductions de taux anticipées en début d’année ne reviendront pas rapidement, même si la situation géopolitique s’améliore.
Les marchés s’attendent à un allègement. Les banques centrales attendent des preuves. Cet écart est plus important que les décisions elles-mêmes.
Le véritable risque est la chronologie
Cette situation devrait se résoudre à un moment donné. Ce n’est pas le problème. La question est de savoir si elle se résout assez rapidement pour justifier le positionnement actuel des marchés. Autrement, le rajustement n’est pas graduel. L’énergie alimente l’inflation. L’inflation limite la souplesse des politiques. Les conditions financières se resserrent. Les attentes de croissance changent.
La séquence prend du temps.
Ce n’est pas le cas de la réévaluation.
Conséquences pour le portefeuille GPCV
Du point de vue de la constitution de portefeuille, l’accent a été moins mis sur la réaction aux manchettes que sur la compréhension de ce qui alimente réellement les rendements.
Nous avons maintenu l’exposition aux actions, tout en reconnaissant que la résilience de l’indice est de plus en plus liée à un ensemble restreint de résultats, en particulier dans le secteur des technologies à grande capitalisation.
Parallèlement, les portefeuilles ont été positionnés de façon à inclure des mandats associés à des facteurs de rendement distincts, dans le but de réduire la dépendance à un seul régime de croissance ou de liquidité. Cela a nécessité une évaluation plus rigoureuse des placements sous-jacents. Ce qui semble diversifié au niveau des catégories d’actif peut encore être influencé par les mêmes facteurs, en particulier la croissance et la liquidité.
Nous avons également intégré des stratégies qui peuvent réagir à un plus large éventail de contextes de marché, pas seulement celles qui conviennent au contexte actuel, mais aussi aux scénarios où les conditions financières se resserrent plus.
L’objectif n’est pas de prédire l’issue, mais d’éviter d’être trop dépendant d’un seul dénouement.
Conclusion
Le marché repose sur deux hypothèses :
- Le choc s’estompe rapidement;
- Une poignée de sociétés génèrent exactement les résultats attendus.
Les deux peuvent se produire.
Mais rien ne s’est encore produit.
C’est pourquoi cela ressemble moins à une remontée stable qu’à une remontée simplement prolongée.
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