Par Gestion de placements Canada Vie limitée | 5 novembre 2025
Wilmot George, directeur général délégué, Planification fiscale et successorale, Gestion privée du patrimoine, Canada Vie,
Richard Chang, directeur général, Planification fiscale et successorale, Gestion privée du patrimoine, Canada Vie
Le 4 novembre 2025, le ministre des Finances du Canada, l’honorable François-Philippe Champagne, a déposé le premier budget du gouvernement du premier ministre Mark Carney.
Selon le budget, après une croissance de plus de 2 % au second semestre de 2024, le PIB réel du Canada a progressé à un rythme annualisé de 0,2 %. La croissance a atteint 2,0 % au premier trimestre de 2025, mais a reculé de 1,6 % au deuxième trimestre, en raison du ralentissement des échanges commerciaux et de l’application de nouveaux droits de douane.
Malgré ces défis, l’économie canadienne fait preuve de résilience. Les prévisions du secteur privé tablent sur une reprise modeste au second semestre de 2025, avec une croissance annualisée du PIB réel de 0,2 % au troisième trimestre et de 0,9 % au quatrième. Les investissements des entreprises et la productivité devraient toutefois pâtir des droits de douane et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Combinée à un ralentissement de la croissance démographique, cette situation devrait entraîner un niveau de PIB réel inférieur de 1,8 % aux prévisions de l’Énoncé économique de l’automne de 2024, publié avant le conflit commercial. Le budget de 2025 prévoit un déficit de 78,3 milliards de dollars (2,5 % du PIB) pour l’exercice 2025-2026, qui devrait diminuer pour s’établir à 1,5 % du PIB d’ici 2029-2030. Le ratio de la dette fédérale au PIB devrait rester stable sur l’horizon budgétaire.
Aucune modification n’est apportée aux taux d’imposition des particuliers ou des sociétés. Le budget prévoit toutefois un nouveau crédit d’impôt pour les préposés aux services de soutien à la personne, un resserrement des règles anti-évitement relatives à la disposition réputée après 21 ans applicable aux fiducies personnelles, et la confirmation que les simples fiducies ne seront pas tenues de produire une déclaration pour l’année d’imposition 2025.
Voici un résumé des principales mesures fiscales et autres propositions annoncées dans le budget. Ces mesures demeurent des propositions jusqu’à leur adoption par le gouvernement.
Mesures fiscales pour les particuliers
Mesures fiscales pour les sociétés
Autres mesures
Taux et tranches d’imposition des particuliers
Les tranches d’imposition et autres montants ont été indexés de 2,7 % pour tenir compte de l’inflation. Le tableau ci-dessous présente les taux et les tranches d’imposition fédéraux des particuliers pour 2025.
Taux d’imposition pour 2025
| Tranche de revenu imposable | Autres revenus | Gains en capital | Dividendes déterminés | Dividendes non déterminés |
|---|---|---|---|---|
| Première tranche de 57 375 $ | 14,50% |
7,25 % |
0,00 % |
6,29 % |
| Plus de 57 375 $ à 114 750 $ | 20,50 % |
10,25 % |
7,56 % |
13,19 % |
| Plus de 114 750 $ à 177 882 $ | 26,00 % |
13,00 % |
15,15 % |
19,52 % |
| Plus de 177 882 $ à 253 414 $ | 29,31 % |
14,66 % |
19,72 % |
23,33 % |
| Plus de 253 414 $ | 33,00 % |
16,50 % |
24,81 % |
27,57 % |
Le tableau ci-dessous présente les taux marginaux fédéraux les plus élevés pour différents types de revenus en 2025.
| Type de revenu | Taux d’imposition pour 2025 |
|---|---|
| Revenu ordinaire |
33,00 % |
| Gains en capital |
16,50 % |
| Dividendes déterminés |
24,81 % |
| Dividendes non déterminés |
27,57 % |
Crédit d’impôt pour les préposés aux services de soutien à la personne
Le budget de 2025 propose d’instaurer un crédit d’impôt temporaire pour les préposés aux services de soutien à la personne. Ce crédit offrirait aux préposés aux services de soutien à la personne admissibles travaillant pour des établissements de soins de santé admissibles un crédit d’impôt remboursable de 5 % des revenus admissibles. Ce crédit pourrait atteindre 1 100 $.
Préposé aux services de soutien à la personne admissible
Il faut remplir plusieurs conditions pour être considéré comme préposé aux services de soutien à la personne admissible. La personne doit habituellement fournir des soins individuels et un soutien essentiel afin d’optimiser et de maintenir la santé d’une autre personne, son bien-être, sa sécurité, son autonomie et son confort, selon ses besoins en matière de soins de santé, conformément aux directives d’un professionnel de soins de santé réglementé ou d’un organisme de santé provincial ou communautaire. Les fonctions principales de la personne doivent inclure le fait d’aider les patients dans leurs activités de la vie quotidienne et leur mobilisation.
Établissement de soins de santé admissible
Les établissements de soins de santé admissibles comprendraient les hôpitaux, les établissements de soins infirmiers, les établissements de soins pour bénéficiaires internes, les établissements communautaires de soins pour personnes âgées, les établissements de soins de santé à domicile et autres établissements de soins de santé réglementés similaires.
Gains admissibles
Les revenus admissibles comprendraient tous les revenus d’emploi, y compris les salaires et traitements, et les avantages liés à l’emploi (ainsi que les revenus et avantages en franchise d’impôt similaires gagnés dans une réserve), gagnés à titre de préposé aux services de soutien à la personne admissible effectuant ses fonctions pour des établissements de soins de santé admissibles. Les montants gagnés en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve-et-Labrador et dans les Territoires du Nord-Ouest ne seront pas admissibles, car ces provinces et ce territoire ont signé des accords bilatéraux avec le gouvernement fédéral qui offrent du financement sur cinq ans afin d’augmenter les salaires des préposés aux services de soutien à la personne. Les employeurs devront attester les revenus admissibles de leurs employés dans la forme et les modalités prescrites.
Les particuliers devront produire une déclaration de revenus pour avoir droit à ce crédit d’impôt remboursable. Cette mesure s’appliquerait aux années d’imposition entre 2026 et 2030.
Le budget de 2025 propose de modifier la Loi de l’impôt sur le revenu afin d’accorder à l’Agence du revenu du Canada (ARC) le pouvoir discrétionnaire de produire une déclaration de revenus pour une année d’imposition au nom d’un particulier (autre qu’une fiducie) qui répond à tous les critères suivants :
- le revenu imposable du particulier pour l’année d’imposition est inférieur au montant le moins élevé entre le montant personnel de base fédéral et l’équivalent provincial (plus le montant en raison de l’âge ou le montant pour personnes handicapées, le cas échéant).
- tous les revenus du particulier pour l’année d’imposition proviennent de sources pour lesquelles des déclarations de renseignements déterminées ont été produites auprès de l’ARC.
- au moins une fois au cours des trois années d’imposition précédentes, le particulier n’a pas produit de déclaration.
- le particulier n’a pas produit de déclaration de revenus pour l’année d’imposition avant la date limite de production pour l’année ou dans les 90 jours suivants.
- tout autre critère déterminé par le ministre du Revenu national.
Avant de produire une déclaration au nom d’un particulier admissible, l’ARC fournirait à celui-ci les renseignements dont elle dispose à ce moment-là en ce qui concerne sa déclaration de revenus. Le particulier admissible disposerait de 90 jours pour examiner les renseignements et présenter des modifications à l’ARC. Si le particulier admissible ne confirme pas les renseignements (avec ou sans modifications) avant la fin de la période de 90 jours, l’ARC pourrait produire une déclaration de revenus au nom du particulier L’ARC établirait ensuite un avis de cotisation, puis elle déterminerait et émettrait les crédits et les prestations du particulier.
Cette mesure s’appliquerait aux années d’imposition 2025 et suivantes, et les particuliers pourraient se retirer de la production automatisée des déclarations de revenus.
Crédit d’impôt compensatoire
Le taux qui s’applique à la plupart des crédits d’impôt non remboursables est fondé sur le taux d’imposition marginal de la première tranche de revenu des particuliers. La réduction d’impôt pour la classe moyenne annoncée en mai 2025, et incluse dans le projet de loi C-4, actuellement devant le Parlement, réduirait de 15 % à 14,5 % pour l’année d’imposition 2025, et à 14 % pour 2026 et les années d’imposition subséquentes, le taux d’imposition marginal de la première tranche de revenu des particuliers, et donc le taux qui s’applique à la plupart des crédits d’impôt non remboursables.
Dans les cas où les montants des crédits d’impôt non remboursables d’un particulier excèdent la première tranche d’imposition (57 375 $ en 2025), la baisse de valeur de ses crédits d’impôt non remboursables pourrait dépasser les économies d’impôt découlant de la réduction du taux. Cette situation pourrait survenir lorsqu’un particulier demande une dépense unique considérable, comme des montants pour frais médicaux ou de scolarité élevés, ou demande un ensemble de crédits d’impôt considérables. Dans certains cas, ces demandes visent à la fois le particulier lui-même ou une personne à charge ou elles incluent des montants reportés d’années antérieures.
Pour éviter une telle situation et faciliter la transition vers le nouveau taux de crédit, le budget de 2025 propose d’instaurer un nouveau crédit d’impôt compensatoire non remboursable. Ce crédit aurait pour effet de maintenir le taux actuel de 15 % pour les crédits d’impôt non remboursables demandés relativement à des montants qui excèdent la première tranche d’imposition. Le crédit d’impôt compensatoire s’appliquerait aux années d’imposition 2025 à 2030.
Régimes enregistrés – placements admissibles
Le budget de 2024 invitait les intervenants à fournir des suggestions sur la façon d’améliorer la clarté et la cohérence des règles sur les placements admissibles pour sept types de régimes enregistrés : les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER), les fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR), les comptes d’épargne libre d’impôt (CELI), les régimes enregistrés d’épargne-études (REEE), les régimes enregistrés d’épargne-invalidité (REEI), les comptes d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) et les régimes de participation différée aux bénéfices (RPDB). Les règles sur les placements admissibles régissent les placements que ces régimes peuvent effectuer. Les placements admissibles couvrent un large éventail d’actifs, dont les fonds communs de placement, les titres cotés en Bourse, les obligations d’État et de sociétés et les certificats de placement garanti.
En fonction des commentaires reçus dans le cadre du processus de consultations, le budget de 2025 propose d’apporter les modifications suivantes dans le but de simplifier, de rationaliser et d’harmoniser les règles visant les placements admissibles.
Placements dans des petites entreprises
Le budget de 2025 propose de simplifier et de rationaliser les règles portant sur les placements de régimes enregistrés dans de petites entreprises, tout en conservant la capacité des régimes enregistrés à effectuer de tels placements. Plus précisément, un premier ensemble de règles d’application plus générale serait maintenu et s’étendrait aux REEI, alors qu’un deuxième ensemble de règles serait abrogé. Par conséquent :
- les REEI pourraient acquérir des actions de sociétés déterminées exploitant une petite entreprise, de sociétés à capital de risque et de coopératives déterminées;
- les actions de sociétés admissibles et les participations dans des sociétés de personnes en commandite de placement dans des petites entreprises et dans des fiducies de placement dans des petites entreprises ne constitueraient plus des placements admissibles.
Ces modifications s’appliqueraient à compter du 1er janvier 2027. Les participations dans des sociétés de personnes en commandite de placement dans des petites entreprises et dans des fiducies de placement dans des petites entreprises qui sont acquises en vertu des règles actuelles avant 2027 continueraient d’être des placements admissibles. Les actions de sociétés admissibles continueraient d’être considérées comme des placements admissibles en vertu des règles maintenues visant les sociétés déterminées exploitant une petite entreprise.
Régime de placements enregistrés
Les placements enregistrés sont des placements admissibles pour tous les régimes enregistrés. Pour qu’une société ou une fiducie soit un placement enregistré, elle doit être enregistrée auprès de l’ARC. Le budget de 2025 propose de remplacer le régime de placement enregistré par deux nouvelles catégories de placements admissibles qui n’impliquent pas d’enregistrement :
- les unités d’une fiducie qui est assujettie aux exigences du Règlement 81-102 publié par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (qui réglemente certains fonds communs de placement et certains fonds d’investissement à capital fixe);
- les unités d’une fiducie de placement déterminée (au sens des règles fiscales actuelles) gérée par une personne qui est inscrite à titre de gestionnaire de fonds d’investissement au sens du Règlement 31‑103 publié par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières.
On s’attend généralement à ce que les unités ou les actions des fonds qui étaient des placements enregistrés demeurent admissibles, soit en vertu des règles actuelles ou sous l’une des nouvelles catégories de fiducies de placement admissibles, ou les deux.
Le régime de placement enregistré serait abrogé en date du 1er janvier 2027. Les nouvelles règles sur les fiducies de placement admissibles s’appliqueraient en date du jour du budget.
Échange de renseignements – Classification erronée des effectifs
Le budget de 2024 a annoncé qu’Emploi et Développement social Canada (EDSC) et l’ARC concluraient des ententes d’échanges de données pour faciliter les inspections et l’application de la loi afin de remédier aux erreurs de classification des effectifs. La classification erronée des employés comme étant des entrepreneurs indépendants est particulièrement préoccupante dans le secteur du camionnage. EDSC a récemment commencé à échanger des renseignements avec l’ARC, mais les restrictions prévues dans les règles fiscales concernant l’échange de renseignements empêchent l’ARC de communiquer les renseignements requis à EDSC.
Le budget de 2025 propose de modifier les dispositions sur l’échange de renseignements de la Loi de l’impôt sur le revenu et de la Loi sur la taxe d’accise afin de permettre à l’ARC de communiquer à EDSC des renseignements confidentiels (en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu et de la Loi sur la taxe d’accise) en vue de l’application et de l’exécution du Code canadien du travail en ce qui concerne la classification des effectifs. Cette mesure entrerait en vigueur à la date de la sanction royale de la loi habilitante.
Crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire
Le crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire est un crédit d’impôt non remboursable qui s’applique au plus bas taux d’imposition du revenu des particuliers sur un maximum de 20 000 $ de dépenses admissibles de rénovation ou de modification des logements par année civile. Les dépenses doivent être engagées pour améliorer la sécurité, l’accessibilité ou la fonctionnalité d’un logement admissible d’un particulier déterminé qui est âgé de 65 ans ou plus, ou qui est autorisé à demander le crédit d’impôt pour personnes handicapées.
Le crédit d’impôt pour frais médicaux est un crédit d’impôt non remboursable qui s’applique au plus bas taux d’imposition du revenu des particuliers sur le montant des frais médicaux et des dépenses liées à l’invalidité admissibles qui excède le moins élevé des montants suivants : 2 834 $ (pour 2025) et 3 % du revenu net du particulier. Les frais admissibles à ce crédit d’impôt comprennent certains coûts liés à la construction d’un logement ou à la rénovation de celui-ci, en vue d’en améliorer l’accessibilité ou la mobilité pour les personnes handicapées.
À l’heure actuelle, si les critères d’admissibilité pour les deux crédits sont remplis, les contribuables peuvent demander les deux crédits pour une même dépense. Le budget de 2025 propose de modifier la Loi de l’impôt sur le revenu afin qu’une dépense demandée en vertu du crédit d’impôt pour frais médicaux ne puisse pas également être demandée au titre du crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire. Cette mesure s’appliquerait aux années d’imposition 2026 et suivantes.
La règle des 21 ans
En règle générale, les fiducies personnelles sont réputées avoir disposé de leurs immobilisations et de certains autres biens en contrepartie d’un produit égal à leur juste valeur marchande au 21e anniversaire du jour où elles ont été établies, et à tous les 21e anniversaires par la suite (la « règle des 21 ans »). Cette règle vise à empêcher le recours à des fiducies personnelles pour reporter indéfiniment l’impôt sur les gains accumulés.
Lorsqu’une fiducie transfère un bien à une nouvelle fiducie avec report d’impôt, une règle sert à empêcher l’évitement de la règle des 21 ans. Dans ce cas, la nouvelle fiducie hérite essentiellement du 21e anniversaire antérieur de l’ancienne fiducie. Ainsi, le bien transféré demeure assujetti à la même période de 21 ans qui s’appliquait à l’ancienne fiducie.
Certaines techniques de planification d’évitement fiscal ont été employées afin de transférer indirectement des biens d’une fiducie à une autre dans le but d’éviter à la fois la règle des 21 ans et la règle anti-évitement. Par exemple, cette planification peut comprendre le transfert de biens avec report d’impôt d’une fiducie à un bénéficiaire qui est une société appartenant à une nouvelle fiducie. Cette planification cherche à faire indirectement ce qu’il n’est pas possible de faire directement.
Le budget de 2025 propose d’élargir la règle anti-évitement actuelle visant les transferts directs entre fiducies de manière à inclure les transferts indirects de biens d’une fiducie à d’autres fiducies. Cette mesure s’appliquerait relativement aux transferts de biens effectués à compter du jour du budget.
Remise canadienne sur le carbone
La Remise canadienne sur le carbone (RCC) est le principal mécanisme permettant de remettre les produits de la redevance fédérale sur les combustibles directement aux Canadiens résidant dans les provinces où la redevance s’appliquait, à condition qu’ils répondent aux critères d’admissibilité (y compris la production d’une déclaration de revenus). Avec l’élimination de la redevance fédérale sur les combustibles qui est entrée en vigueur le 1er avril 2025, le gouvernement a effectué un dernier versement trimestriel de la RCC aux ménages admissibles à compter d’avril 2025.
Afin d’appuyer l’élimination progressive des mécanismes de remise des produits de la redevance sur les combustibles, le budget de 2025 propose de modifier la Loi de l’impôt sur le revenu afin de prévoir qu’aucun versement de la RCC ne serait effectué à l’égard de déclarations de revenus ou de demandes de redressement présentées après le 30 octobre 2026.
Taux d’imposition du revenu des sociétés
Le tableau ci-dessous présente les taux d’imposition fédéraux et le plafond des petites entreprises pour 2025.
| Catégorie | Taux d’imposition pour 2025 |
|---|---|
| Taux général |
15 % |
| Taux de traitement et fabrication |
15 % |
| Taux pour les petites entreprises |
9 % |
| Plafond des petites entreprises |
500,000 $ |
Passation en charges immédiate pour les bâtiments de fabrication ou de transformation
Le budget de 2025 propose de fournir temporairement une passation en charges immédiate pour le coût des bâtiments de fabrication ou de transformation, notamment le coût des additions ou transformations admissibles apportées à ces bâtiments. La déduction bonifiée offrirait une déduction de 100 % dans la première année d’imposition au cours de laquelle le bien admissible est utilisé pour la fabrication ou la transformation, pourvu que l’exigence minimale de 90 % de l’aire de plancher du bâtiment soit satisfaite.
Un bien qui a été utilisé, ou acquis pour être utilisé, à toute fin que ce soit avant d’être acquis par le contribuable serait admissible à la passation en charges immédiate uniquement si les deux conditions ci-après sont remplies :
- le bien n’appartenait ni au contribuable ni à une personne avec qui celui-ci avait un lien de dépendance;
- le bien n’a pas été transféré au contribuable selon le principe du « roulement » à imposition différée.
Dans les cas où un contribuable bénéficie de la passation en charges immédiate d’un bâtiment de fabrication ou transformation, et que l’utilisation du bâtiment est modifiée par la suite, les règles de récupération peuvent s’appliquer.
Cette mesure s’appliquerait aux biens admissibles acquis à compter du jour du budget et utilisés pour la première fois pour la fabrication ou la transformation avant 2030. Un taux de DPA bonifié de 75 % pour la première année serait fourni pour le bien admissible utilisé pour la première fois pour la fabrication ou la transformation en 2030 ou en 2031, et un taux de 55 % serait fourni pour le bien admissible utilisé pour la première fois pour la fabrication ou la transformation en 2032 ou en 2033. Le taux bonifié ne s’appliquerait pas à un bien utilisé pour la première fois pour la fabrication ou la transformation après 2033.
Programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental
Dans le cadre du programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE), les dépenses admissibles sont entièrement déductibles dans l’année durant laquelle elles sont engagées. De plus, ces dépenses sont généralement admissibles pour un crédit d’impôt à l’investissement.
Le budget de 2025 propose d’augmenter davantage le plafond des dépenses sur lequel le crédit d’impôt bonifié de 35 % du programme de RS&DE peut être gagné, le faisant passer de 4,5 millions de dollars à 6 millions de dollars.
Cette mesure s’appliquerait aux années d’imposition qui commencent le 16 décembre 2024 (c.-à-d. la date de l’Énoncé économique de l’automne de 2024) ou après.
Par ailleurs, le gouvernement confirme son intention de présenter un projet de loi pour mettre en œuvre les autres mesures dans l’Énoncé économique de l’automne de 2024 visant le programme de RS&DE, notamment :
- porter à 15 millions de dollars et à 75 millions de dollars, respectivement, les seuils inférieurs et supérieurs d’élimination progressive du capital imposable de l’année précédente;
- élargir l’admissibilité au crédit d’impôt bonifié pour que les sociétés publiques canadiennes admissibles puissent en profiter;
- rétablir l’admissibilité des dépenses en capital de RS&DE tant pour la déduction du revenu que pour les volets de crédits d’impôt à l’investissement du programme de RS&DE.
Report d’impôt au moyen de paliers de sociétés
Le budget de 2025 propose de limiter le report d’impôt sur le revenu de placement par l’entremise de paliers de sociétés dont les fins d’exercice sont décalées. En règle générale, la limite proposée viendrait suspendre le remboursement au titre de dividendes qu’une société payante pourrait demander relativement au paiement d’un dividende imposable à une société bénéficiaire qui lui est affiliée, si la date d’exigibilité du solde de la société bénéficiaire pour l’année d’imposition au cours de laquelle le dividende a été reçu survient après celle de la société payante pour l’année d’imposition au cours de laquelle le dividende a été versé.
Par exemple, une société pourrait verser un dividende imposable à un moment qui est dans l’année d’imposition 2025 de la société payante et dans l’année d’imposition 2026 de la société bénéficiaire, afin de reporter l’obligation fiscale sur le revenu de placement du groupe de sociétés à la date d’exigibilité du solde de la société bénéficiaire pour son année d’imposition 2026 (plutôt que d’être exigible à la date d’exigibilité du solde de la société payante pour 2025).
Cette règle ne s’appliquerait pas si chaque société bénéficiaire du dividende dans la chaîne des sociétés affiliées versait subséquemment un dividende au plus tard à la date d’exigibilité du solde du payeur, de sorte qu’aucun report n’est réalisé par le groupe de sociétés affiliées. Afin de tenir compte des opérations commerciales de bonne foi, la règle ne s’appliquerait pas non plus au payeur d’un dividende qui fait l’objet d’une acquisition de contrôle lorsque celui-ci verse un dividende dans les 30 jours précédant l’acquisition de contrôle.
La société payante aurait généralement le droit de demander le remboursement au titre de dividendes relativement au dividende suspendu dans une année d’imposition ultérieure, lorsque la société bénéficiaire verse un dividende imposable à une société non affiliée ou à un particulier actionnaire.
Cette mesure s’appliquerait aux années d’imposition qui commencent à compter du jour du budget.
Élargissement de certains crédits d’impôt
Le budget de 2025 propose d’élargir l’application de certains crédits d’impôt pour les entreprises, notamment :
- le crédit d’impôt pour l’exploration de minéraux critiques
- le crédit d’impôt à l’investissement pour la fabrication de technologies propres
- le crédit d’impôt à l’investissement pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone
- le crédit d’impôt à l’investissement pour l’électricité propre
Autres mesures
Taxe sur les logements sous-utilisés
La taxe sur les logements sous-utilisés (TLSU) est entrée en vigueur le 1er janvier 2022 et s’applique à certains propriétaires d’immeubles résidentiels vacants ou sous-utilisés au Canada, généralement des non-résidents, non canadiens. La TLSU est imposée annuellement au taux de 1 % de la valeur de l’immeuble.
Le budget de 2025 propose d’éliminer la TLSU à compter de l’année civile 2025. Par conséquent, aucune TLSU ne serait payable et aucune déclaration de TLSU ne devrait être produite relativement à 2025 et aux années civiles subséquentes.
Toutes les exigences relatives à la TLSU continuent de s’appliquer relativement aux années civiles 2022 à 2024. Les pénalités et/ou les intérêts en cas de non-respect des modalités et de la date limite de production de la déclaration de TLSU, ou en cas de non-paiement de la TLSU lorsqu’elle devient payable, continueront aussi de s’appliquer relativement aux années civiles 2022 à 2024.
Taxe de luxe sur les aéronefs et les navires
Le gouvernement fédéral impose une taxe sur les véhicules assujettis et les aéronefs assujettis dont la valeur dépasse 100 000 $, et sur les navires assujettis (p. ex. les bateaux) dont la valeur dépasse 250 000 $. La taxe de luxe est égale au moins élevé de 10 % de la valeur totale du bien assujetti et de 20 % de la valeur qui dépasse le seuil applicable. La taxe est généralement imposée sur la vente, à l’importation et sur la location de véhicules assujettis, d’aéronefs assujettis et de navires assujettis, ainsi que sur certaines améliorations qui y sont apportées.
Le budget de 2025 propose de modifier la Loi sur la taxe sur certains biens de luxe (LTCBL) de manière à mettre fin à la taxe de luxe sur les aéronefs assujettis et sur les navires assujettis. Cette taxe cesserait d’être payable après le jour du budget dans tous les cas, notamment lors de la vente, de l’importation et lorsque certaines améliorations sont apportées.
Mesures annoncées antérieurement
Le budget de 2025 confirme l’intention du gouvernement d’aller de l’avant avec bon nombre de mesures annoncées antérieurement, dans leur version modifiée pour tenir compte des consultations et des délibérations qui ont eu lieu depuis leur publication.
Parmi les exclusions notables figurent l’Incitatif aux entrepreneurs canadiens (IEC), précédemment annoncé, ainsi que la proposition visant à permettre la pleine déduction des dépenses liées aux ressources aux fins de l’impôt minimum de remplacement (IMR).
Les mesures annoncées antérieurement que le gouvernement compte mettre en œuvre comprennent notamment :
- l’augmentation de l’exonération cumulative des gains en capital, pour qu’elle s’applique jusqu’à concurrence de 1,25 million de dollars.
- les modifications visant le roulement des gains en capital relatif à des placements de petites entreprises.
- l’exemption fiscale pour les ventes aux fiducies collectives des employés.
- la prolongation de la date limite de 2024 pour les dons de bienfaisance.
- des modifications visant les règles de déclaration pour les fiducies (avec un report de l’application aux simples fiducies jusqu’aux années d’imposition se terminant le 31 décembre 2026 ou après).
- des modifications visant l’IMR, y compris la limitation à 50 % de la déductibilité des frais de conseils en placement, mais excluant la pleine déduction des dépenses liées aux ressources.
- des modifications apportées au report rétrospectif d’une perte pour les successions assujetties à l’imposition à taux progressifs afin d’en prolonger la période de report.
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